PARTIE IV - L'année de tous les dangers 2000 Janvier
(1er). Nous courrons vers la place centrale de la
cité des Gaules. Les gens issus de toutes les directions se pressent vers le même
point de congestion. Environ 50 000 personnes avaient ainsi eu la même idée pour
célébrer le nouveau millénaire. Place Bellecour, place des richards, cur
de Lyon. Avec moi Oliver, seul parmi les braves, quittant une party, qui se voulait
arty, une demi-heure plus tôt. Tac voilà cest fait cest lan
2000. Je nai pas senti une grande différence. Au loin, les voitures roulent
toujours sur les routes. Les télécommunications sont saturées tout le monde veut
se téléphoner avec son cellulaire, et finalement personne ne peut se joindre.
Et finalement moi qui métais rencardé avec deux filles qui ne peuvent plus
se voir, je nen verrais aucune, cest sûr trop de monde ici. Pourtant
je tombe sur Christelle, que nous avions rencontré dans une brasserie de LC hier
à midi. Mais très vite, mapercevant que je ne pourrais joindre mes deux
grâces, je décidais dune autre tournure pour la soirée. Nous remonterons
à la party, tranquillement, en faisant des pauses à des stations pour nous dessoiffés.
Boite, bar, boite, bar
Retour à la fête, visiblement finie depuis bien plus
longtemps que je ne l'imaginais. Tous étaient presque partis avant minuit. Les
trois rescapés des lieux aller se coucher sur un fond musical que je n'avais pas
écouté depuis des années, et sur le coup, je me demande comment cela puisse se
faire d'ailleurs : The Cure, l'album devait être soit la compilation Standing
on the beach, soit une partie de la trilogie Faith-Pornography-Seventeen
seconds. On reboit du champagne, on remange des toasts affalés sur les canapés.
J'essaye de trouver un matelas ou quelque chose dans ce genre pour dormir. Finalement
après avoir longuement étudié les lieux, je m'installe sous une tente placée dans
une mezzanine géante près du poste de disc-jockey. L'absence de chauffage se faisait
ressentir durant mon sommeil que j'avais du mal à conserver, après que certains
commencèrent à couper du bois sur le coup des 8 heures. Je n'avais comme couverture
que ma veste, accentuant ainsi le froid ambiant. Au levé général, je sentis
que la fête était finie et que pour certain elle ne serait pas d'anthologie. Certain
décidèrent qu'il n'y avait rien de mieux que de recommencer à boire au café d'à
côté. Passer un moment, je décidais de passer à autre chose et de quitter l'assistance.
Je prenais donc la décision de rentrer chez moi par le premier train. Avant d'aller
à la gare, j'allais prendre la température d'un couple d'amis. L'une de mes amies
que je n'avais pu contacter la veille avant les douze coups de minuit, cette petite
Pierrette. Voir un peu comment s'était passé leur soirée. Ils habitaient près
de cette gare, ce qui me permettait de rester chez eux juste avant d'aller prendre
le train. Ils avaient subi une soirée bien calme entre couples. Ils étaient encore
un peu dans le gaz. Et puis, je pris donc le train. Dans une voiture assez
bien remplie. On n'entendait qu'un crétin des alpes parlant fort à son téléphone
portatif. Il voulait se faire remarquer, il avait besoin d'exister, avant de rentrer
à la ferme. Je ne risquais pas de faire de même car le mien était presque déchargé.
Moi je préférais continuer la lecture d'un de Wilderness, ce qui m'inspira
une citation sur moi, Hélène et Morrison. J'arrivais chez moi la nuit tombée
depuis longtemps. Une petite bruine m'accompagnée jusqu'au pas de ma porte. Rien
n'avait semblé avoir changé ici aussi. Je me jette sur les restes du repas de
famille organisé à la maison à midi. Repas que j'avais évité pour la seconde année
consécutive, à mon regret. Puis, je téléphonais à un ami de la bande, Pol, pour
savoir s'il n'était pas par hasard rentré de Lyon la nuit en voiture comme je
le soupçonnais. Et sa voix au bout du fil confirma ceci. Il aurait pu me joindre
pour que rentre avec lui ce qui aurait pu m'éviter de prendre le train et surtout
de dormir sous une tente. Il m'annonce une sortie surprise chez une fille vers
21 heures. C'était une fille qui était dans le même collège que moi. Je ne
lui avais si peu parlé que je fut agréablement surpris qu'elle se rappelle mon
prénom. Elle travaillait aussi pour l'éducation nationale. Je découvris lors de
notre soirée que nous avions d'autres points communs, notamment pour ce qui est
des lectures par exemple le magazine Géo, des romans, Le grand Meaulnes
.
Elle pratique la guitare acoustique. Etant dans un collège et moi dans un lycée
nous avons des idées communes quant au système éducatif français. Mais trop fatigué
par ma courte nuit de sommeil, et longue en excès, je ne tarde pas à rejoindre
mon lit. Comme pour tous 1er janvier, je mets en place non pas
des bonnes résolutions de nouvelles années, mais plutôt des objectifs à atteindre
en fin d'année : finir un ouvrage en plus de celui-ci, corriger mes poèmes finis
et finir ceux qui sont commencés, revoir Sophie pour voir comment on pourrait
collaborer à un groupe. Bon, ça fait pas trop d'objectifs, je devrais y arriver. Janvier
(2). Premier dimanche de 2000. Un dimanche comme les autres. Je crois que
jai trouvé une motivation nécessaire pour lécriture de ce journal. Janvier
(3). Je suis exaspéré par le comportement des arbitres du championnat dAngleterre,
qui se comportent en goujat vis-à-vis des joueurs français surtout envers ceux
dArsenal. Alors quils laissent faire certaines choses incroyables.
Mieux vaut sappeler Ruddock ou Wise que Viera ou Petit. Janvier
(4). Je commence, sous forme de base de données, la seconde partie de ma médiathèque,
la partie livres, ne prenant en compte que les romans, recueil de poésies et pièces
de théâtre. Cette base de données comprends quatre champs : auteur, titre, année
de publication et pays dorigine de lauteur. Je peux donc voir à peu
près mes époques préférées, mes littératures adorées, et en couplant ces deux
champs je peux tout de suite situer mon courant vénéré. Je suis allé chez
dentiste. Jai toujours limpression que rien n'a changé dans le cabinet.
Le temps na pas dinfluence en ces lieux. Cest un espace intemporel,
jai toujours limpression dy être venus la veille. Je crois que
cest propre aux endroits que je naime pas. Janvier
(5). Jenregistre un album des Meats Puppets, de 1994, ce qui porte à
536 ma discothèque. Jutilise pour la première fois la fonction fax de mon
modem. Je travaille beaucoup. Par internet. Janvier
(6). Une pharyngite mest tombée dessus en quelques heures. Je bois le
soir un pastis lors dune réception, qui me sera fatal. Je suis transie de
froid, jai mal partout. Je trouve la force de me coucher à 1h, pour regarder
un film entre Trouble et
un autre film américain damour foiré. Janvier
(7). Je reste donc chez moi. Et je médite sur les changements climatiques Janvier
(8). Christelle est venue chez moi, cet après-midi. Disons quen rentrant
ma voiture je lai approché lorsquelle sortait de chez elle. Lui proposant
de la conduire au centre de la ville où elle devait, par déduction, avoir à faire.
Fort justement elle devait se rendre chez une personne de connaissance commune
à nous pour envoyer un mail, dans le cadre de recherches professionnelles. Finalement
je restais avec elle dans ma chambre, où mon ordinateur se situe, pour quelle
accomplisse sa besogne. Une bière pour elle, un café corsé pour moi, et des cigarettes
pour nous deux. Une bougie à la vanille pour dissimuler cette odeur de tabac.
Après le travail effectué, nous allons boire quelques bières chez un ami, discutant
cinéma et musique de cinéma. Hasard ou coïncidence, Sébastien, un collègue de
boulot, me téléphone pour mannoncer quil ma copié le disque que je
recherche depuis plusieurs années, de façon maladive : Arizona Dream. Janvier
(9). Je viens de finir ma liste de romans et poésies sur base de donné. Jarrive
à 96 livres. Jen ai deux en double : deux Flaubert, Trois contes
et Madame Bovary. Il ne me reste plus quà faire la partie vidéo de
ma médiathèque. Pour linstant un seul personnage sillustre dans les
trois catégories disques, livres et vidéos, il sagit de Serge Gainsbourg. Janvier
(10). Jai repris mon travail au lycée. Japprends que tout le monde
était malade jeudi et vendredi. Jespère seulement éviter la gastro entérite
qui traîne partout. Ces gamins de seconde sont toujours aussi irrécupérables,
ceux de premières toujours aussi insupportables, et ceux de terminales toujours
aussi arrogants. Bien sûr cela ne vaut pas pour tous. Il y a des secondes très
zen, des premières très bonnes, et des terminales très intimes. En rentrant dans
ma chambre, jai changé de place des affiches agrafées au mur, vers mon lit
pour ne plus les abîmer quand, lisant le soir, je mets mon coussin contre le mur.
Ce qui par effet de frottement les endommage. Je remarque que laffiche blanche
des Stone Roses, vers ma porte, remplaçant un sombre poster de Cure, donne une
impression dagrandissement de ce coin. En me couchant, je me demande
combien de temps je vais tenir ce journal. Mais jai peur de devenir prisonnier
de cette tâche perpétuelle. Janvier
(11). Jatteins lâge respectable de 27 ans comme
Ce journal
avance. Sébastien mapporte le plus beau des cadeaux dont je puisse rêver
pour ces 27 ans. Cette B.O. dArizona Dream. Je vais enfin
pouvoir me réveiller tous les dimanches du monde avec ces 46 minutes et 8 secondes
de rêve. Mais en mettant sur REP SHUF, je peux faire durer le plaisir jusquà
2h. Janvier (12).
Un ajout, un alinéa à mes résolutions pour la nouvelle année, on a jusquà
la fin du mois pour en décréter. Outre ce journal, je dois tous les jours consacrer
un moment de ma journée, non pas au Seigneur, que jignore depuis fort longtemps,
mais à mon uvre, quelle soit littéraire ou arts plastiques. Jai
emmené Oliver à la clinique du château pour se faire opérer demain. Il y a sept
ans, presque jours pour jours, cest moi qui me faisais charcuter le genou.
Je jette un il avant de repartir sur la ferme jouxtant le parking. Ce fût
ma vue depuis ma chambre pendant les dix jours que jai passé alité. Je ressens
une impression étrange. Je pense à cette époque où je ne me rappelle pas avoir
eu le soleil pendant ce séjour, si ce nest un samedi après-midi où des amis
mavaient rendu visite. Janvier
(13). Je suis retourné au dentiste cet après-midi. Jai maintenant une
dent de fer. Jen attends une autre pour mardi prochain. Je respecte
mes consignes. Jai transcrit deux textes, achevant la troisième partie de
ces textes. Jai envoyé quelques mails. Je suis allé à la bouquinerie.
Pas de nouveautés. La bouquiniste est enceinte et forcement elle ne se déplace
plus beaucoup. Jai quand même noté Le zéro et linfini dArthur
Koestler et une partie des Rougon-Macquart. Janvier
(14). Ce matin je me suis senti démotivé pour mon travail au lycée. Je semble
me laisser aller inexorablement. Lapproche de la fin de ma mission. Ce soir
jai trouvé une annonce de documentaliste à lhôpital de LC. Janvier
(15). Jai répondu ce matin à lannonce de documentaliste. Jai
eu pas mal de problèmes informatiques. Jai dû appeler en renfort Pol. Sitôt
un problème résolu, un autre arrive. Je finis la journée sur les nerfs à cause
de ce fichu ordinateur. Ca me plairait assez de travailler à lhôpital.
Un samedi soir comme tant dautres, très vineux Janvier
(16). Encore de nouveaux problèmes informatiques. Le week-end, en fin de compte,
fût autant informatique que le samedi soir fut vineux. Que dire sinon que laventure
continue ! Je continue de réécrire mes poèmes. Je commence à songer à ce poste
à lhôpital. Et plus jy songe, moins je pense au lycée. Ce qui risque
daccentuer mon laisser aller demain. Je vis maintenant en me disant que
je partirais peut-être avant le terme de mon contrat, que peut-être la semaine
prochaine cela sera fini. Janvier
(17). A la bibliothèque du lycée, jai du boulot jusquà la fin
de mon contrat. En effet nous avons environ 600 livres à inscrire, en plus des
périodiques, de la gestion des prêts, et des tâches quotidiennes et administratives.
Je mattelle notamment sur des romans en version originale. The picture
of Dorian Gray dOscar Wilde, The turn of the screw dHenry
James. Tous ces livres neufs me donne envie de lire, me donne envie décrire,
me donne envie de rester dans lunivers du livre. Janvier
(18). Officiellement il ne me reste plus que 16 fois après ce matin à me lever
pour aller au lycée. A 27 ans jai passer lâge daller au lycée!
Tous ces matins se ressemblent terriblement. Appeler cela de la routine est un
euphémisme. Tous ces matins je fais les mêmes gestes, les mêmes actes, aux même
heures, avec les mêmes enchaînements. Et jai toujours cette envie de rester
coucher, de ne pas aller au lycée. Jaimerai rester à lire ou écrire. Janvier
(19). Je fourmille actuellement de pleins didées décriture. Des
nouvelles, des journaux construits différemment. Au jour, au mois, à lannée,
par période, lié à une histoire, à un fait. Dès que jai fini de réécrire
mes textes, mes poèmes potentiellement chansons, je dois retravailler mes romans
titrés sobrement 1991 et 1993. Je pense aussi à léventualité
de créer une bande dessinée avec Nando, qui est doté dun coup de crayon
pertinent. Cela raconterait lhistoire dune bande de jeunes undergrounders,
mais sans le côté branché. Moi je ferais le scénario. Janvier
(20). Rien de bien terrible à raconter. Encore une journée consacrée à ce
maudit ordinateur. Jai quand même pris le temps de sortir pour aller flâner
à la bouquinerie et acheter le premier volume des Rougon-Macquard, La fortune
des Rougon. Jentreprends lambitieux projet de lire la saga des
Macquard. Janvier
(21). Jai reçu une réponse de lhôpital, et le bébé se porte bien :
on minvite à prendre rendez-vous. Ce que je fais pour lundi matin, à 9 heures.
Jai emprunté tous les livres de Woody Allen de la bibliothèque du lycée,
au nombre de trois. Janvier
(22). Je commence à minformer sur le logement à échelle locale. Prix,
zone dombre, panorama, propriétaires pourris... Je nai pu aller faire
une randonnée en forêt car il a fait un temps à situer entre neige et pluie. Dailleurs
cela fait un certain moment que je ne me suis pas baladé. La dernière fois, jai
chopé cette pharyngite. Encore acheté des livres, deux Agatha Christie et Frankenstein
de Mary Shelley. Ce soir nous allons traîner avec le reste de la bande dans
quelques auberges. Il faut quon bouge un peu plus, il faut quon sorte
quon voit du monde, des filles, sinon on va devenir des vieux gars.
Il ny avait pas grand monde à lauberge du Cheval Blanc. Finalement
on sest remis au billard, délaissé depuis trop longtemps. Le jeu fût agrémenté
de pression nullement due aux parties. Et vu la mis en route lente des vieux reflex
du joueur de billard, dun manque de pratique, dun manque de technique
il faut ladmettre pour certains, chaque partie dura trois-quarts dheure.
Avant de me coucher, je bâcle la lecture de Salammbô. Ces parties de billard
mont fait repenser quil fallait que je descende le billard japonais
qui traîne dans le grenier depuis des lustres. Cela fait deux ou trois ans que
je dis que je dois le faire. Janvier
(23). Après beaucoup dhésitation, de concertation, je décide de classer
La guerre des Gaules et le Mémorial de Sainte-Hélène dans la catégorie
des romans, poèmes et pièces de théâtre. Après tout au lycée le Journal dAnne
Frank est situé à côté de Lannée des méduses de Christopher Frank
plutôt quentre deux livres sur le nazisme et la shoa. Mon nombre de livres
va croître rapidement, car je rentre aussi des ouvrages récupérés au grenier,
essentiellement des classiques du théâtre et des romans policiers. Janvier
(24). Entretien ce matin à lhôpital qui sest très bien passé.
Là, vraiment, jy crois, jai de très bonnes raisons despérer.
Je prends ce soir la décision de faire léducation musicale dès demain
de Christelle, élève de terminale littéraire que je ramène à loccasion du
lycée, puisquelle habite le même quartier que moi. Je transcris la
première partie des chansons sur Hélène. Je me dis qu'elles sont très certainement
les meilleures que jai écrit à ce jour. Comme lecture, jattaque ce
soir le premier des trois livres de Woody Allen. Janvier
(25). Jai fini de recopier mes textes, concluant par les plus récents
qui datent de quatre ans, la fin des chansons dHélène. Je réitère ce que
jai dit hier, il y a du très bon. Pour continuer mon uvre, je vais
maintenant écrire de nouveaux textes avec la quarantaine de moutures que jai
créé. Je vais aussi recopier les romans et nouvelles 1991 et 1993,
tout en écrivant de nouvelles nouvelles. Tout en me nourrissant de lectures riches,
simple, inspiratrices, motivantes. En attendant dautres nourritures un peu
plus charnelles. Janvier
(26). Acheté Le zéro et linfini. Pas trouvé Belle du seigneur.
Je commence à me renseigner sérieusement sur les tarifs des logements dans le
centre-ville. Je me balade ainsi dans les rues du centre, levant les yeux pour
guetter des volets fermés. Janvier(27).
Un certain appartement devient mon obsession, situé dans mon quartier denfance,
dans un immeuble qui mest cher. Mais ne sera-t-il pas trop cher justement,
dun point de vue financier ? Je pense que cest le seul endroit de
la ville où je me sentirais vraiment bien. Serein. Quand je recherche un appartement,
outre le panorama, je dois absolument sentir des ondes positives. Pour ma créativité
cest vital. Pour cet immeuble je naurais pas à mefforcer de
me demander sil dégage des ondes positives, puisque cest une évidence.
Cet appartement avec vue sur un petit parc, sur le château, cet appartement qui
mobsède tant. Janvier
(29). Pas spécialement didées de nouvelles, de romans. Depuis hier,
jai surtout pensé à mon compte en banque, très très bas. Je me suis levé
trop tard pour être productif aujourdhui. Je nai pas pensé au fait
que je ne pourrais me mettre à la peinture et à la sculpture seulement quand jaurais
déménagé. Je manque despace dans ma chambre-atelier-bureau. Janvier
(30). Jai encore rêvé dHélène cette nuit. Encore, parce que chaque
fois cest une fois de trop. Cest agréable sur le coup mais cest
une fois de trop parce que cest psychologiquement dur le matin. Je sais
que je ne la reverrai peut-être plus. Le mot rêve prend ici toute sa signification.
Même dans mes rêves elle ne madresse pas la parole bien quelle semble
me suivre. Comment analyser cela ? Jai aussi rêvé dune esthéticienne
devenue coiffeuse et qui avait des problèmes informatiques lempêchant de
travailler. Bon prince je minvitais à laider. Jétais à deux
doigts de conclure avec son assistante, puis elle, quand je perdis le contrôle
de mon rêve. Plus que deux semaines au lycée. Février
(1er). Jai constaté hier soir un début dangine.
Je me suis senti fiévreux et affaibli toute la journée. Idée de nouvelle,
quand même; Le chasseur qui va à la chasse et qui perd sa place. Trouvé
aussi une nouvelle citation. Jai pas mal enregistré de films ces derniers
temps, depuis les vacances de Noël, dans un axe tel : Kusturica, Depp, les frères
Coen. Février (3).
Malade depuis hier, encore plus aujourd'hui. Au boulot mais pas très performant.
Jai bien failli ne pas aller travailler. Depuis deux jours ça va ne pas.
Quand je rentre du lycée je suis si fatigué que je mécroule directement
dans un fauteuil devant la télé ou dans mon lit ! Impossibilité de tout travail
intellectuel. Février
(4). Encore plus malade que la veille. Comment ai-je pu me rendre au lycée
aujourdhui ? Le médecin marrête jusquà mardi. Je tremble de
froid puis jai des poussées de chaleur. Bonne nouvelle quand même, jai
obtenu un rendez-vous pour le 25 février dans le sud de Paris pour un poste dans
le secteur culturel, musical précisément. L'annonce de Télérama
Février
(5). Ca va un peu mieux mais la tête me tourne un peu. Je nai presque
rien fait cette semaine à cause de mon état et je nai plus pensé à mon peut-être
futur boulot à lhôpital. Nando ma amené un film nommé Clerks. Février
(7). Je profite de ce week-end prolongé, de ces mini-vacances pour me reposer
intensément tout en effectuant un peu de rangement, en me débarrassant d'objets
inutiles ou me rappelant à des souvenirs que je ne souhaite garder. Février
(8). Je trouve quelques nouvelles citations Le matin je ressens des douleurs
en me levant, comme des prémices à une rechute. Mais un coup de téléphone coupe
court à toutes supputations. Je dois me rendre à mon travail. Alors que je devais
rester alité. Tout cela reste bien alimentaire. Plus que six jours effectifs au
lycée. Février (9).
Je me suis renseigné auprès des deux plus importants propriétaires fonciers de
la ville sur les tarifs et indices immobiliers. Je suis agréablement surpris.
Je ne voyais pas les prix si bas. J'ai eu réponse à ma question concernant l'immeuble
de mon cur, il est abordable, le plus dur étant d'attendre qu'un appartement
se libère, et d'être introduit au bouche à oreille. Je sens vraiment les vacances
venir et aussi l'approche de mon départ définitif du lycée. De moins en moins
de pression. Février
(11). Plus que deux matins à me lever à 6h45 pour aller au lycée. Plus que
deux matins à sortir du lit deux minutes après, au son de la radio énonçant le
programme télé du soir, avec toujours conseillé Arte, les autres chaînes étant
tout le temps déconseillées. J'ai déjà l'impression que c'est le même programme
tous les soirs, le temps de me laver de façon supersonique. 6h50 à l'écran du
radio-réveil, j'ouvre les volets et les deux même filles passent à la même minutes
au même endroit tous les matins. Je descends l'escalier pour déjeuner, je fais
sortir les chats, le les fait rentrer, je leur donne de la pâté pendant que mon
thé se prépare. Je fume une cigarette pour me décontracter, je finis mon thé et
à 7h30 j'ouvre la porte du garage. Le même rituel depuis presque un an. Il est
temps que cela s'arrête bientôt parce que je vais devenir fou. Tous les jours
semble les mêmes. Je devais aller à un concert ce soir en banlieue pour superviser
un groupe du lycée en vue du festival que j'organise l'été avec les jeunes de
LC. Mais trop fatigué je préfère rester à regarder de la NHL et lire quelques
revues diverses. Février
(12). Je réfléchis à un autre immeuble, source d'onde positive, situé cette
fois sur les hauteurs de la ville avec vue imprenable plein sud sur la banlieue
résidentielle. Beaucoup de lectures, beaucoup d'alcool au bistrot, où des
filles viennent tâter des queues
de billard. Février
(13). J'achève la lecture d'un livre sur les mouvements dans la peinture.
Je retrouve des références connues, ce qui me rassure : impressionnisme, fauvisme,
Basquiat, collage
Février
(14). J'ai fait un cauchemar terrible : j'ai rêvé que le prix des appartements
avait doublé. Je fais un peu de rangement, mais je prends rapidement peur devant
la masse de documents divers que je dois ranger de façon plus organisée. J'en
déprime presque. Encore des heures de travail prise sur ma création artistique. Février
(15). Pour la première fois depuis très longtemps je vais au marché. Des trous
béants dans les alignements de forains dénotent de la mort lente de cette manifestation
et de la ville. Février
(16). Des climats bien différents en une journée. Giboulée de février, orage
d'hiver, neige, faits divers. Je n'ai pu aller jusqu'à Gueugnon pour un match
qui fut finalement reporté. Par prudence, pour ne prendre aucun risque, je laisse
ma voiture à quatre kilomètres de la maison et je rentre en stop. Cinquante kilomètres
en deux heures. Pas mal. Pas de visibilité et des pneus lisses. Non, pas la peine
de prendre des risques inutiles. Février
(21). Je renvois deux confirmations pour des concours administratifs. Je me
demande avec regrets pourquoi je n'en ai pas tenté dès ma sortie de ma scolarité
ou à la fin de mon service. Je ne me voyais pas fonctionnaire dans l'âme. Mais
finalement... Je viens en outre de créer aujourd'hui une nouvelle uvre
d'art, en cinq minutes. De l'art minute ? Presque. Comment la qualifier, en terme
de technique, de valeur et d'originalité ? J'espère que cette création en engendrera
rapidement d'autres. Depuis hier, j'ai commencé la lecture d'Ada ou
l'ardeur. Février
(22). Je passe à une agence immobilière histoire de jauger définitivement
les tarifs des appartements de la ville. Je vois à peu près ce que je voudrais
au cas ou l'opportunité de l'hôpital aboutirait. L'agence se situe dans le fameux
immeuble sur les hauteurs de LC, ce qui me permet de m'apercevoir que la vue,
plein sud de cet immeuble que je rêvais est obstruée par un couloir vitré. Il
faut préciser qu'un ami d'enfance y habitait, j'en revenais tout le temps à la
nuit tombée. Cela remonte bien à 20 ans. J'ai imaginé cette fenêtre. Février
(24). Un choc ce matin pendant que je lisais tranquillement le journal local,
au petit déjeuner. J'apprends qu'une fille, une femme maintenant, que je trouvais
de type et de visage idéal, était mariée. De mentalité idéale ? Pour ce critère,
c'est un avis très subjectif car je ne l'ai point revue depuis la fin du collège,
soit 12 ans environ. Avec qui était-elle mariée ? De puis quand ? Et où vivait-elle
maintenant ? Je n'en savais pas plus que ça. C'était une information brute lâchée
comme ça. Froidement. Anodine pour le lecteur lambda mais pas pour moi. Je crois
que ça m'a foutu un spleen. A moins que cela soit le spleen de Paris qui me guette,
la veille de mon départ pour la capitale pour un rendez-vous lui aussi capital,
lors d'un voyage express. En plus j'ai téléphoné à l'hôpital où le directeur m'a
dit que le profil du poste avait un peu changé pour des raisons administratives.
Il me contactera d'ici deux semaines quand il aura décidé du candidat retenu pour
le poste de documentaliste. Ce soir j'ai un gros coup de blues. Pour revenir
à cette femme idéale, car je crois que c'est incontestablement l'affaire du jour,
je me demande s'il y en a une autre du même acabit... Février
(25). J'avance vers Paris et je revois le visage de Sophie. Je ne l'avais
jamais revue de façon aussi claire depuis que je l'ai rencontrée. Je mange
à midi avec JC, boulevard des Italiens et le soir sur les Champs. J'ai fait la
suite et la fin des coins de luxes de Paris. Champs, George V, Montaigne. La vie
parisienne est-elle vraiment pour moi ? Peut-être, en enlevant le souci de l'argent,
mais pour la moitié de la semaine. Le mieux serait un jour chez moi, un à Lyon,
un à Paris, un à Dijon, le reste variant selon les semaines. Grosse journée, grosse
fatigue. Février (29).
Ca y est. J'ai fini mon travail au lycée. C'est sur que je vais regretter des
collègues, des professeurs. Cette année a passé très vite finalement. Je reçois
de magnifiques présents pour mon départ. Je le fête à vrai dire de façon très
simple. C'est un jour de tristesse, un peu. Mars
(1er). Je sens vraiment qu'une nouvelle vie commence
pour moi aujourd'hui. Je me sens libre. Je dois organiser mes journées, ma semaine.
J'attends la réponse de l'hôpital dans une dizaine de jour. Je dois d'ici là,
au plus tard mi-avril, finir mes cours par correspondance de préparation aux concours. Mars
(3). J'apprends qu'une de mes cousines se marie le 13 mai prochain, avec réception
dans un château. Je crois qu'il serait tant que je me mette en quête d'une compagne.
Sur une de mes adresses électroniques je découvre deux mystérieux envois. Le nom
de l'expéditeur m'est inconnu, il est plein de signes et de chiffres. Je préfère
ne pas les ouvrir craignant un virus. Paranoïa ?. Je vais me renseigner avant
pour savoir ce que je dois faire exactement. Mars
(5). Découverte d'un château au détour d'une route de campagne. Projections. Mars
(6). En attendant une réponse positive de l'hôpital, je mets en place ma semaine
de travail en l'organisant au mieux : commencer chaque matin par une heure de
sport, puis courrier et revue de presse, après-midi cours et préparation de concours
ou recherche d'emploi. Mars
(7). Je repense à un projet d'écriture, un livre sur le football en 2060.
Une fiction construite sur la projection des dérives actuelles du sport, en les
exagérant un peu. Je lis Ada avec de moins en moins d'ardeur. Mars
(9). Je téléphone à l'hôpital. Le directeur est absent jusqu'à lundi. Je commence
à penser à mon jardin. A panser mon jardin. Je dois rappeler une ancienne collègue
en fin de semaine pour qu'elle me conseille. Mars
(10). Encore deux nouveaux messages de l'expéditeur mystérieux. On devine
dans le nom de l'expéditeur, le nom et le prénom d'une femme ou d'une fille. Elle
doit envoyer ces courriers de son entreprise. Je pense que ce n'est pas belliqueux
mais je ne vois qui est cette personne. Alors tant pis j'ouvre le premier courrier
dans l'ordre chronologique. Laconique. C'était un test, un essai. Le second est
identique. Le troisième et le quatrième sont encore pareil. Je n'apprends pas
grand chose, on me demande si je boude, si je veux recevoir des photos. Tout ceci
est bien étrange. Mystères modernes. Je décide de répondre pour interroger cette
Véro destinataire. Je lui signale au passage que je cherche une cavalière pour
le 13 mai. Mars (11).
Encore deux nouveaux mails. Le premier est toujours rempli de mystère, toujours
un test. En revanche le deuxième répond à mon courrier : c'était bien une erreur
d'adresse, à une lettre près. Pour le 13 elle écrit que c'est à voir. La providence
? Mais je ne sais pas où elle habite. Mars
(12). Je reçois un coup de fil de la providence. Encore. Un coup de fil de
Philou de Dijon. Après être retourner sur ses terres natales, il est revenu à
Dijon où il a trouvé un travail dans le commerce. Après des études de philosophie
alors que moi je serais plutôt en train de faire le parcours inverse. Je pensais
ne plus connaître personne là-bas et en fin de compte il me propose le gîte lorsque
je viendrais pour passer prochainement des concours. Ce qui m'évitera de me lever
à cinq heures du matin. Je vais pouvoir retourner à Dijon. Cette ville me manque
vraiment. Même s'il y a là-bas de terribles fantômes. Second week-end de beau
temps. J'ai de la chance. Je suis moins pressé par mes cours, je peux donc en
profiter pour m'oxygéner dans la nature. Mars
(13). J'ai donc repris ce matin mon jardin. Enlever feuilles et mauvaises
herbes. Je crois que je vais y aller souvent
Je crois aussi que je vais
laisser tomber cette liaison par e-mails interposés avec Véro. Mars
(14). Je remplis les formalités administratives pour l'organisation du festival
musical estival. Je voulais arroser mes plantes quand la pluie s'est mise à tomber.
Nouvelle idée d'uvre d'art graphique moderne. Cela me prendra cinq minutes
à réaliser. Il faut seulement que je trouve ces cinq minutes. Mars
(15). Je vais chez mon ancienne collègue du lycée pour me faire expliquer
mes cours du soir. On a bu beaucoup de thé. Elle m'oriente sur la médiathèque
de Roanne. Avant ceci, j'ai téléphoné à l'hôpital. On me signale que je suis parmi
les quatre ou cinq retenu sur une vingtaine de candidatures pour un second entretien.
Le suspens, pesant, dure. Dur. Mars
(16). Médiathèque. Je suis bien reçu par les bibliothécaires. Le cadre, teinté
de bleu, est reposant mais l'architecture d'ensemble est à chier. Après quatre
heures passées à la salle de documentation de la médiathèque, je suis vidé intellectuellement.
C'est le second après-midi où mon cerveau tourne à plein régime. Il fait dire
que ces cours que je dois achever avant le 15 avril demande énormément de réflexion.
C'est un travail essentiellement intellectuel. Quatre heures. Le temps que le
soleil disparaisse derrière un ciel gris. Mars
(17). Je retourne au lycée pour consulter des ouvrages me permettant de finir
mes cours de soir. Huit livres en deux jours pour y arriver ! Le soir je vais
me divertir à un match de football avec des amies que j'ai vulgairement initiées
à ce jeu de ballon. Dans ma lecture d'Ada, j'ai bien avancé ces derniers
jours. Mars (18).
J'essaye de combler mon retard dans mes lectures de périodiques et de quotidiens
que j'ai achetés cette semaine. Certaines nouvelles devenaient de moins en moins
fraîches. En tous cas je ne ferais pas de cours aujourd'hui. Je crois que j'ai
mérité un peu de repos de ce côté là. Mars
(19). Je me suis couché vers 3 heures du matin. Nous sommes allés à une discothèque
qui n'existe plus. Alors nous sommes allés une discothèque que nous connaissons
trop bien. Là, je crois que deviens un dangereux cleptomane. J'ai encore conservé
le verre à whisky que j'avais vidé. Depuis quelques mois j'ai décidé de garder
en dédommagement de soirées que j'estime nulles des verres, des cendriers. Mars
(20). J'achève mes cours. Plus qu'un. Cela fait maintenant près de trois semaine
que je suis quotidiennement sur ces foutus cours du soir. Après je me sentirai
un libre, juste contraint de réviser mon savoir pour mon concours du 29 mars.
C'est dans un peu plus d'une semaine. Mars
(22). J'ai enfin achevé mes cours du soir, avec trois semaines d'avance. Je
me sens libéré d'un fardeau mais d'autres tâches m'attendent. Mars
(24). Je commence les révisions pour le concours de mercredi prochain à Dijon.
J'ai hâte de retourner à Dijon. Ce la fait bien plus d'un an que je n'y suis pas
allé. Je vais sûrement avoir la sensation de visiter un musée tant je garde de
souvenir de mes années de faculté passées là-bas. Mars
(26). On a encore bu beaucoup de bière hier soir. A vrai dire on a bu que
cela. En cette fin mars je repense à une fin mars, il y a sept ans. Venise. Je
décide de retravailler un roman fantastique datant de 1991. Puis, je ferais de
même avec un autre de 1993. Je me mets en condition en écoutant une compilation
d'époque. Je commence donc à taper sur mon ordinateur, en modifiant seulement
quelques mots, quelques fautes de temps. Je préfère garder au maximum la version
originale. Je me sens confiant. Très sûr de moi. Mars
(28). Veille de concours. Comme souvent quand je vais à Dijon, il fait un
temps affreux. Le ciel gris invite à la mélancolie. Plus j'arrive vers ma destination,
plus la tension monte. L'attention monte. Arrivé, je décide de me garer sur un
des parkings du campus, là où j'ai tant erré l'âme en peine. Après, je descends
en ville par le bus, pensant boire un verre dans un des bars les plus sélects
du centre. Hélas à sa place trône désormais une banque. Il suffit de laisser un
endroit pendant un an pour le retrouver défiguré. C'est un pan de mon passé qui
disparaît avec ce café. Je retrouve mon logeur d'un soir à la sortie de son
bureau. Il m'annonce par la suite qu'un autre de mes bars préférés à changer de
direction. Décidément pour mon retour en ville, je ne serai pas épargné par les
émotions. J'ai retrouvé dans les rues piétonnes, cette arrogance des gens de la
bourgeoisie locale. Cette opulence. Les mauvaises choses, elles, restent. Bien
sûr j'ai cherché des fantômes, j'en ai vu. Je suis bien dans le musée au souvenir
que forme cette ville. Je n'ai pas le temps de revoir le dixième de ce que je
voulais voir. J'éprouve au bout du compte, un sentiment de malaise. Pourrais-je
revivre ici ? Je crois que non. Les lieux me semblent vidés de leur substantifique
moelle. Plus rien ne me retient en ces rues. Mars
(29). J'arrive en avance à la faculté de médecine pour mon concours. Il y
a très peu d'hommes. Pas mal de femmes. Retour en arrière, cela fait six années
que je n'ai pas passer d'examens. J'ai instinctivement des flashs back. Pas que
des bons souvenirs. Je pense à des filles. Actes manqués. La neige tombe vers
10 heures. Ca me perturbe dans mes réflexions. J'ai peur de rester bloqué. Les
sujets m'inspirent néanmoins. L'après-midi je suis plus confiant, soulagé par
l'arrêt d'averses de neige. Je finis une heure avant la fin et je me sauve de
suite, craignant que le temps ne se remette à la neige. Cela devient une paranoïa.
Je me dis que j'aurais mieux fait de rester chez moi. Je repars en traversant
les vignobles tous plus réputés les uns que les autres. Je n'ai pas pensé qu'il
y a sept ans jour pour jour, je partais pour Venise
Qu'ai-je fais de
ma vie depuis sept ans ? Sept années blanches. Mars
(31). Au jardin, jai réfléchi à la disposition des plantes, les espacer.
Une fois cela fait, jai pu planter des plantes. Je suis à la moitié d'Ada.
J'ai continué la réécriture de 1991, et voilà que je me suis mis à l'écriture
d'un conte assez coquin. Je suis aussi allé au cinéma. Cela faisait plus d'un
an que je n'y étais pas allé. Le film était Sleepy Hollow. Burton + Depp
le résultat est forcement génial. Avril
(1er). Toujours le même programme du samedi soir
: bières sur bières au bistrot. Et puis
bal. Cela faisait si longtemps.
En partant, je baise la main à une jeune fille. Je reçois une carte postale de
Laurent qui est en formation à Paris. Avril
(2). Cela devient aussi un rituel, celui du dimanche après-midi, depuis plusieurs
semaines. Je vais boire un café avec deux de mes potes. Les dimanches ressemblent
aux dimanches, les lundis aux lundis, les mardis aux mardis, etc. Jour de
rallye dans la ville. Par devant, chez moi, par derrière aussi. Je suis cerné,
les yeux cernés. Lunettes noires homologuées. Bruit insupportable depuis que j'ai
quitté l'enfance. Lundi
3 avril. J'ai fini de taper 1991. J'ai du mal à en voir la suite. Le
F.C. Gueugnon se qualifie héroïquement pour la finale de la coupe de la ligue.
Je me vois déjà au Grand Stade. Je suis plus heureux que pour la finale de la
coupe du monde. Avril
(5). Adieu monde local. Réponse négative de l'hôpital. J'ai perdu deux mois
dans mes recherches pour pouvoir rester ici. Adieu rêves de grand appartement
ici, de vie aisée. Je cherche un réconfort moral. Avril
(6). Je vais à Roanne pour me changer les idées. Oui je sais c'est étonnant
quand on connaît la ville de Roanne, mais quand on me connaît
Avril
(7). Je ne gambergerais pas trop longtemps sur cet échec. J'obtiens un entretien
pour un poste de formateur. Mardi. A Dijon. Avril
(8). Même bal que la semaine dernière. Même résultat. Mais c'est les vacances
et tout le lycée était là, du moins c'est l'impression que j'avais. C'était pénible.
Pierrette m'invite à son anniversaire à Lyon le week-end prochain. Comme les deux
dernières années. Soirée antillaise. Ca ne me dit trop rien. Avril
(9). Je me fais couper les cheveux très courts. A domicile par Pierrette.
Puis rites habituels du dimanche. Avril
(10). Je revisite le championnat d'Angleterre, je le refais à ma manière,
sur ordinateur. Cantona joue toujours à Manchester United, Anelka à Arsenal
J'ai 128 équipes à construire. Avril
(11). Déjà de retour à Dijon. La route commence à me gonfler. Je n'ai plus
le goût à prendre ma voiture pour des trajets de plus de 100 bornes. Le retour
à Dijon ne me fait pas aussi mauvaise effet que la dernière fois. Faut-il dire
que je n'ai pas trop le temps de flâner. Je me gare devant mon ancienne maison.
Je mange à midi dans un des mes restaurants rapides, oriental. J'ai gardé de Dijon
mes habitudes. Je connais bien tous ses bons plans, et ses coupe-gorge. Sur
le chemin du retour je mets dans mon autoradio une cassette de démos avec mon
éphémère groupe pop de Dijon, enregistrée en 1996. Cela fait un ou deux ans que
je l'avais mis de côté. J'ai une impression de gâchis si cela en reste au stade
de démos. J'entends la vois d'Hélène sur une May 29th.
Quel choc ! C'est un tube, ça me fait le même sentiment que si je réécoutais pour
la première fois depuis des lustres un truc que j'encensais. Je trouve de
nouvelles pensées. Avril
(13). Je n'ai pas pu avoir de place pour la finale de la coupe de la ligue.
Ca ne me fait pas plus d'effet que ça. Mais ça sera dur à regarder à la télévision
après m'être imaginé là-bas Non, vraiment, la soirée antillaise ne me dit
rien. Je manque de soleil. Je finis de lire Ada ou l'ardeur, dans la
douleur. Je suis un peu déçu, mais c'était très intéressant au niveau du delirium
de l'auteur. Je choisis comme nouveau livre de chevet, Parmi les hooligans,
de Bill Buford. A moins que j'en lise deux en même temps avec comme second ouvrage,
Le journal de Laura Palmer de Jennifer Lynch. Avril
(16). Je n'ai vraiment pas le moral. Je reprends l'écriture de 1993.
Je revis des moments, des actes manqués. J'ai repris depuis deux jours, en fil
rouge, la lecture de Wilderness de Jim Morrison. Avril
(18). A la lecture avancée de Buford, je commence à comprendre le mécanisme
du hooliganisme. Je vois maintenant sous un autre angle les déplacements sur le
continent des Anglais. Pourquoi sont-ils si violents, si naturellement ? J'ai
une nouvelle idée de nouvelle. Avril
(19). Miracle. Ouvrant mon journal pour savoir si j'avais été tiré au sort
pour gagner une place pour la finale de la coupe de la ligue, je découvre qu'il
reste des billets, avec transports, à vendre. Ce matin au stade. Il est alors
9h10 et la vente est commencée depuis 10 minutes. Je téléphone de suite au stade
pour savoir s'il y a autant de monde que la dernière fois, pour m'assurer qu'il
reste encore des places, histoire de ne pas faire une nouvelle fois un voyage
pour rien. Oui, il en reste. Il n'y a personne au stade. Je prends immédiatement
la direction du stade. Sur place il n'y a en effet personne. J'ai mon billet.
C'est un grand soulagement. J'ai du mal à le croire car honnêtement je n'y croyais
plus justement. Je remarque d'ailleurs que j'ai beaucoup de mal en ce moment à
réaliser quoique se soit. Je profite de ma venue en ces lieux pour repérer l'endroit
de départ de mon bus. Et je fais un tour sur les terrains annexes, assistant pour
la première fois de ma vie à un entraînement. L'avant-dernière répétitions avant
la finale de samedi. J'en oublie ma déception d'hier, élimination de Chelsea.
Ignorant celle de ce soir, Manchester United. Il y a plein de journalistes, trois
équipes de télévision
Cela doit les changer, les joueurs et les journalistes.
Dans la ville tous les commerçants ont décoré leur vitrine en jaune et bleu. C'est
beau. C'est comme à la télévision, comme à Calais. Avril
(21). Je suis affolé. Dépité. Un appartement se libère cet été dans le fameux
immeuble de LC. Ma non-sélection pour le poste à l'hôpital devient de ce fait
encore plus douloureuse. Je dois trouver au plus vite un travail dans la région.
Rencontrer quelqu'un. Avril
(22). F.C.G.-P.S.G. Le grand jour du grand soir. Le départ est fixé à 12h.
J'arrive bien en avance et je me gare le long de l'église. Et puis fatalement
c'est l'heure de partir vers notre capitale, du moins sa banlieue. Je suis dans
le bus de tête. Je ne comprendrais que plus tard que plusieurs convois partiront
sur des routes différentes, tout le monde se rejoignant vers Nemours, pour être
escorté par des motards. Nous quittons la ville, tout le monde sourit : les gens
dans les rues nous saluent, donnant l'impression de voir le passage du tour de
France. Même ceux qui n'ont pas de billets sont joyeux. C'est jour de fête, même
pour la gendarmerie. Je sens que je suis en train de participer à l'Histoire.
C'est tellement beau tous ces gens. Ce jaune, ce bleu. Dans les premiers villages
traversés, c'était le même cérémonial. Tous ceux sur terre qui ont une écharpe
du F.C.G. sont au bord de cette route. Nemours, la pluie, la police motorisée.
Que de l'autoroute jusqu'au Stade de France ! Que des bouchons, même si ces motards
nous ouvrent la voie. Plus on approche de notre destination, plus le groupe dans
le bus se soude. Et puis nous voilà arrivés. Entré dans ce grand stade, ma première
impression me surprend : je le voyais plus grand. De quoi cela peut venir ? C'est
peut-être la pelouse qui me paraît petite à cause des grandes tribunes. L'absence
de grillage, la forme elliptique
Le match ? Un simple formalité pour
mes favoris. Tout c'est passé comme je le voulais : rien à perdre, se faire plaisir,
jouer comme d'hab. Formidable. ÉNORME. C'est le mot qui reviendra le plus dans
la bouche des fans en remontant dans mon car. Un retour long : pas moyens d'étendre
mes jambes pour m'endormir. Beaucoup de mal pour trouver la position préférentielle.
Quand j'arrive à m'endormir, voilà qu'on fait une pause pipi, boisson, alimentaire.
J'ai clairement la tête dans le cul, comme au retour d'un mémorable voyage à Venise.
Il est 2h30. Je rachète du coca en prévision de la route à faire de l'église à
chez moi. Je me rendors, je vois défiler les villes, à moitié endormie. Avril
(23). Je suis rentré à la maison sur le coup des 6h30. Comme dans un rêve
! Je ne réalise pas l'exploit d'hier soir. La ville s'éveille et la rumeur va
bientôt parcourir toute la région. Je ne dors que quatre heures pour ne pas rater
Téléfoot. Comme les joueurs d'ailleurs ! Je suis fatigué mais je me coltine mon
rituel du dimanche. Je me remets de mes émotions. Doucement. J'ai encore la tête
au Stade de France. C'est comme quand la France gagnait la coupe du monde contre
le Brésil. Avril (24).
Lundi de Pâques A la communauté de Taizé les gens sont habillés un peu comme dans
un festival de jeunes. Oui c'est un peu comme dans un festival, mais sans la racaille.
J'avais vraiment l'impression d'être, par moments, dans un rassemblement de hippies,
entouré de tant de tentes, de combis. Des jeunes arrivent avec leurs guitares
sèches. Une jeune fille a amené son saxo ou un instrument dans ce genre où elle
souffle dans un bout. Un jeune italien rasta porte un T-shirt de Machine Head.
Le look kaki est aussi présent. Vraiment la prochaine fois que je viens ici, le
week-end prochain, je m'habille cool. C'est un endroit dépourvu d'alcoolos. Les
gens sont assez posés pour discuter amicalement. Je finis la lecture du livre
de Buford. Je suis incité à une fête à Auxerre pour le 6 mai. Avril
(25). Le jour où les héros reviennent à la maison. J'y vais. Je serais beaucoup
allé à Gueugnon ces temps-ci. Il fait un soleil si radieux qu'on se croirait en
été. C'est un symbole. Deux heures avant le début des festivités il y a déjà beaucoup
de monde. C'est merveilleux. Plus rien ne sera jamais comme avant. Il y aura un
"effet coupe". J'en fais peut-être un peu trop pour ce qui n'est finalement
qu'un jeu, mais c'est le côté historique qui me pousse. C'est la première fois.
Y en aura-t-il une autre ? Il faut respirer à fond ces moments là. Avril
(26). Second concours à Dijon. Passage vraiment éclair, juste pour ce concours.
Sous un soleil toujours très estival, ce qui est rare quand je prends la route
de Dijon. Avril (27).
J'ai plein d'idées de nouvelles depuis quelques jours. J'écoute l'intégrale des
albums de Depeche Mode. Je remonte dans le temps de quelques années, je me rappelle
mes samedis après-midi. Avril
(28). J'ai le blues, de plus en plus souvent. J'en ras le bol de Calais,
partout dans les médias, plus que Gueugnon
Avril
(29). Je m'emmerde royalement, il faudrait que je change d'air, et surtout
d'entourage. Il faudrait que je me secoue pour trouver un bon travail Mai
(1er). Pour une fois il fait beau pour un 1er
mai. J'ai un repas de famille où l'on va discuter du mariage dans deux semaines
de ma cousine. J'irai honteusement sans cavalière. Faut dire que je n'ai pas franchement
eu d'occasions, mal aidé en cela par mes coéquipiers. J'ai d'autres soucis en
plus prioritaires que celui-là. Mai
(4). Depuis deux jours j'enrichis ma culture générale par l'approfondissement
de la géographie écossaise. Et depuis de jours, l'Écosse m'est devenu très familière.
J'y passe des heures, bien que cela ne soit pas financièrement lucratif. Je culpabilise
un peu de perdre ainsi du temps, mais il faut que le je le fasse. Je fais
une cure de The Cure après en avoir fait une de Depeche Mode. Je ne sais pas si
je vais à Auxerre ce week-end. Je me tâte. Je pèse le pour et le contre. Cela
me semble bien équilibré. Mai
(5). Je ne vais pas aller à Auxerre, mais avec regret. Je n'ai pas le choix,
et puis il y aurait d'autres fêtes. Mes obligations professionnelles d'abord.
Je lis un peu de Wilderness, toujours de Jim Morrison, des fois que cela
aurait changé. Je reçois un coup de fil de Philou pour m'annoncer que mon ancien
"groupe" pop rock de Dijon serait prêt à jouer le 21 juillet. Pour mon
festival. J'emploie "mon" non pas par narcissisme ou par prétention
mais parce que je contribue à son élaboration et son fonctionnement de façon intellectuelle,
professionnelle, le tout en parfait démocratie au sein de l'association. Mai
(6). Dans une semaine c'est le mariage de l'une de mes cousines : église,
quelle plaie, et réception dans un château. Je réserve tous mes moyens pour cet
événement qui me changera fortement de la routine habituelle. J'écris L'américanisation,
pamphlet sur l'américanisation, à la manière d'un Jim Morrison, dont je ne cache
pas mon appartenance à sa descendance, d'un point de vue écriture. Mai
(7). Mon horoscope m'annonce un prochain week-end euphorique
Qu'est-ce
que cela peut bien signifier encore ? J'écoute pour la millième fois In
Utero de Nirvana et là, tout s'enchaîne, tout gicle. Putain, ça fait maintenant
dix ans que j'ai pété les plombs avec une fameuse Gaëlle. Dix ans que je ne suis
plus normal. Que serais-je aujourd'hui si je l'avais conquis ? Écrirais-je seulement
ce journal ? Je n'en suis pas sûr. Je n'aurais jamais eu l'âme artistique et d'écrivain.
Je repensais à cette fille alors que j'écoutais de Nirvana, et que je me disais
que j'aimerais bien remonter dans le temps. De 7 ou 10 ans, quand j'étais dans
mes deux dernières années de lycées. L'occasion de ce dixième anniversaire
de consolider mes écrits avec une forte relecture, et de façon quasi définitive.
Je pense surtout à mes textes pour la musique. Je dois absolument trouver un groupe
ou au moins une personne très douée en composition musicale. Sophie ? In Utero
est peut-être le disque que j'ai le plus écouté. Il s'écoute tout le temps, par
tout temps : été, hiver, froid, chaud, soleil, pluie, événements, tristesse, douches,
travail intellectuel. Je suis très inspiré aujourd'hui. Nirvana, à défaut d'en
vivre un en ce moment, est ma perfusion pour la création intellectuelle. Artistique
? Je ne sais pas il faudrait que je me remette aux arts plastiques. On a tous
des références artistiques, intellectuelles. Plus ça va et plus je pense que les
miennes sont scellées : Jim Morrison et Kurt Cobain. La seule certitude actuelle
est que je vivrais plus vieux qu'eux, puisque j'ai eu 27 ans en janvier. Je ne
vois pas de nouvelles influences aussi forte. Il y a aussi Bukoswki et Fante,
mais pas pour leur personnalité, mais pour quelques-uns uns de leurs écrits. Idem
pour la musique. Voilà pourquoi je n'écoute presque plus de nouveautés. Un disque
est pour moi plus un tableau qu'une boite de soupe. Il ne se démode pas, pour
moi. Je ne renie pas ce que j'ai écouté avant, je ne suis pas bêtement le troupeau.
Je dois me mettre plus souvent à mes écrits, laissant tomber mes jeux futiles
et autres perversions
Mai
(8). Visité une source d'eau dans un bois. Quel calme ! Il manquait juste
une belle vue, et des femmes, des jeunes femmes. Encore une fois In Utero
m'entraîne dans l'inspiration. Rien à voir avec ce disque, mais simplement il
me produit un effet très bénéfique en musique de fonds. D'autres disques me font
ces mêmes effets. Puisqu'il faut de l'argent pour manger, je vais faire de
la littérature à but alimentaire. Je fais la liste des nouvelles érotiques qui
me traînent dans la tête. Comme pour toutes formes d'écrits, ces idées doivent
se situer entre fantasmes et réalités. Pour ce qui est de la littérature érotique,
elle m'inspire, surtout par la façon dont elle est écrite, la façon dont les phrases
sont tournées. Les descriptions. Je me dis finalement que dans ma misère professionnelle
actuelle, financière et sexuelle, j'ai la chance, la seule, d'avoir un cerveau
en état de marche pour ce qui est de la réflexion et du travail intellectuel. Mai
(10). J'ai loupé le premier concours, mais impossible de savoir quelles sont
mes notes, ce que j'ai fait, quels étaient les critères de sélections, le nombre
de candidats pris pour le second tour. J'ai décidé de me faire une soirée thématique
sur le mariage. J'ai récupéré une cassette vidéo, Quatre mariages et un enterrement,
avant de voir Arizona Dream acheté il y a déjà plusieurs mois. Mais j'attendais
l'occasion idéale, conceptuelle, pour la visionner. Même si ce n'est pas un film
dont le thème principal est le mariage, cette cérémonie est la circonstance de
ce conte fantastique contemporain. Mai
(11). Je suis refusé au second concours. Je repousse d'un jour ma soirée thématique
sur le mariage. Mai
(12). Finalement ma soirée thématique ne comporte qu'un film : Quatre mariages
et un enterrement. Je regarderai Arizona Dream ultérieurement. Mai
(13). Avant de rejoindre l'église, je reçois sur mon portable un appel pour
une annonce auquel j'ai répondu. Une bonne opportunité. Un rendez-vous pour mercredi
à
19h30 !!! Le mariage ? Je passe sur la cérémonie, je ne suis pas
pratiquant. C'est pour moi l'occasion de découvrir de nouveaux visages, de peut-être
trouvé un cur, un corps à prendre, bien que ma situation professionnelle
ne soit pas très valorisante. J'ai été gâté, placé en bout de table, entre deux
filles. Deux surs charmantes. Laquelle me plaît le plus ? Ce n'est qu'en
fin de soirée que je devine une attirance pour l'aînée. Mais une fois encore je
n'ai pas osé attaquer franchement. Manque de confiance maladive, peur du ridicule.
I'm not like them but I can pretend, the sun is gone, but I have a light, the
day is done, but I'm having fun, I think I'm dumb, or maybe just happy I think
I'm dumb I think I'm dumb I think I'm dumb I think I'm dumb I think I'm dumb I
think I'm dumb I think I'm dumb I think I'm dumb I think dumb
Je
lis trop de Morrison, j'écoute trop de Cobain. Aurais-je la chance de la revoir
? Comment la revoir ? Mai
(14). La fête est finie. J'ai vraiment la gueule de bois. Je crois pour compléter
le tableau que je suis tombé amoureux hier soir. Je manque d'appétit ce qui est
un symptôme classique de mon état. Je manque tellement d'affection. Amoureux d'une
femme que je ne reverrai peut-être pas. Elle était seule hier mais elle a peut-être
un ami ? Je suis aussi trop délicat et à force de ne pas flirter j'en ai oublié
les "techniques" même si j'ai horreur de ce mot. Je ne prends pas l'initiative
alors que c'est normalement à l'homme de faire le premier pas. Je sais comment
elle s'appelle, je sais où elle travaille. Comment ai-je pu oublié d'échanger
nos adresses ? Et pourquoi ne lui ai-je pas parlé de mes activités artistiques
et littéraires ? Il ne faut pas que je déprime à cause de cette rencontre, à cause
de son absence. Elle n'est peut-être pas attirée par moi. Mais j'aimerai revenir
en arrière de quelques heures. Je me maudis. Je dois essayer par n'importe quel
moyen de la contacter. Par ruse de sioux. J'aime trop son accent. Ma vision du
sud change. Si j'en avais le temps et les moyens, je partirai de suite à sa recherche.
Mon esprit est tourné vers le sud. Mai
(16). Je désespérais de solutionner mon problème de connexion internet depuis
une dizaine de jours, quand, multipliant les appels à l'aide en vue d'un boulot
nécessitant une bonne connexion, je rencarde un technicien, expert, pour le lendemain. Mai
(17). Avec un grand "ouf !" de soulagement, j'ai vu mon problème
de connexion être réglé. Le souvenir du mariage s'est estompé au fil de cette
semaine. Tant mieux car je ne sais pas si je reverrai Caroline. Mai
(18). Dijon. Je prends l'autoroute, devant me lever à 5 heures du matin. Autoroute
dégagée. Arrivée avec 3/4 d'heures d'avance. 1h45, record. Entretien pour un poste
de web rédacteur plus tard en fin d'après-midi. Bien passé, mais bizarre. On m'a
demandé mon signe astrologique. Mai
(21). Repas de famille chez la sur de la mariée de la semaine dernière.
Allusions diverses. Surtout l'occasion de revoir, en photos les deux grâces. Je
finis de relire Apollinaire et Bukowski pour mes nouvelles de charme Mai
(23). A la bibliothèque, je trouve Bandini de John Fante, que j'emprunte
immédiatement. Je l'ai lu il y a six ans, et j'éprouve le besoin de m'y replonger. Mai
(24). Je passe l'après-midi à mettre en page mes nouvelles de charmes. D'abord
je change le nom du recueil. Ces heures passées à un travail d'écriture me réconfortent,
et au moins je ne suis pas déçu, personne ne me mets de bâtons dans les roues.
Je m'occupe parallèlement de la programmation du festival, ce qui fait naître
en moi un stress qui s'éteindra le soir du festival. Je commence même à noter
des remarques pour celui de l'an prochain. Mai
(25). Je revois une fille. Je passe un bon moment au jardin pour faire de
l'entretien. Le temps est comme je l'aime en ce début de belle saison : ciel gris,
climat tiède, humidité ambiante. Un temps de rêve, idéal pour l'inspiration intellectuel.
Je me replonge dans un de mes anciens agendas pour les besoins de mes nouvelles.
Encore. Je me laisse absorber par les souvenirs
Je sombre à nouveau dans
la mélancolie. Je repense à Hélène avec beaucoup de peine. Pour me consoler, je
me dis que si notre histoire avait survécu, je n'écrirais pas ce journal et je
n'aurais pas tant de projets littéraires et artistiques. Je dois revoir Sophie,
il faut qu'elle me trouve des mélodies, des musiques. Je dois trouver une personne
née pour la musique qui puisse animer mes textes. Je retrouve des idées de
nouvelles. En écoutant Zazie et Polnareff, je travaille encore sur mes histoires
de charme. Ces musiques d'histoires d'amour, dans un décor de château, cadrent
bien avec ces écrits. Je décide enfin de reprendre mes journaux sous forme
manuscrite, à partir du début, c'est à dire septembre 1989. Mai
(26). Je suis depuis maintenant trois jours, immergé dans l'écriture. Quel
sentiment de puissance ! Je retranscris le journal issu de l'agenda 1989-1990,
ainsi que les pensées et impressions qui y figurent. Mai
(27). Je crois qu'écrire mes mémoires est une bonne thérapie bien que cela
me coupe momentanément du monde. Je m'exorcise. Je finis en vitesse la relecture
d'un livre de Bandini, et je commence Le journal de Laura Palmer,
de Jennifer Lynch. Le temps maussade s'y prête bien. Mai
(28). Je fais depuis une semaine, des rêves toutes les nuits. Il y a longtemps
que je n'avais connu une telle série. Ce qui me confirme dans l'idée que j'ai
d'acheter un livre de Freud sur le rêve. Aujourd'hui repos intellectuel. Mai
(29). Jour chargé d'histoire, de plomb. Dernier événement, un an que le squat
est officiellement fermé. Que se passera-t-il aujourd'hui ? Rien de spécial pour
une fois. Je suis séduit par
le journal de Laura Palmer. J'imprime
une nouvelle uvre, Billets doux, tableau par ordinateur ? Je refais
la liste de mes uvres d'arts plastiques en base de données. Je commence
la base de donnée de ma vidéothèque. Je débute le journal de l'année scolaire
1990-1991 ainsi que les pensées de l'agenda de la même période. Grosse journée
où j'ai eu le temps de passer un entretien pour un travail dans le tourisme et
de passer beaucoup de coup de fil pour le festival. J'obtiens de ma cousine le
numéro de téléphone des deux grâces. Je finis excité. Mai
(30). Je suis assez fier de moi. Depuis une dizaine de jours j'ai changé d'univers,
je suis à fonds dans la littérature. J'ai fini le second agenda scolaire, 1990-1991.
Je n'ai pas trouvé de pensées philosophiques personnelles dedans. J'apprends la
mort de Maurice Richard. Montréal doit être sous le choc. Le journal de
Laura Palmer est de plus en plus prenant. J'ai rendez-vous vendredi soir avec
une fille qui occupe mes pensées depuis quelques temps. Mai
(31). J'ai enfin terminé l'informatisation de ma vidéothèque. Il me reste
à refaire les étiquettes des cassettes, j'en ai encore deux à récupérer. J'ai
un rendez-vous le 9 juin non loin du vidéo club tenu par Thierry. Je profiterai
de l'occasion pour qu'il me prête Twin Peaks. Je suis aller voir l'atelier
d'une sculpturale sculpteuse sur métal. Il y a moyen de faire des affaires, de
se débarrasser de divers objets métalliques. Suis allé ce soir boire de la bière
avec un ami. Ce n'est plus ce que c'était. Il y avait presque personne. Nous et
trois filles qui avaient l'air beaucoup plus bourrées que nous. Juin
(1er). J'ai oublié hier soir de remettre la radio
sur France Inter. Ce qui fait que ce matin, j'ai été réveillé par Europe 1 et
par émission surréaliste sur les Pokemons. J'ai trouvé plein d'idées de collages
artistiques. Je vois maintenant comment personnaliser mes anciens et futurs collages.
J'ai fait une balade imprévue à Roanne cet après-midi. J'ai trouvé sur la toile
mondiale, 15 annonce pour des emplois dans les départements voisins. J'ai
eu un appel d'Elodie. Elle rentre d'une année de fac à Lyon. Juin
(2). Je suis allé au jardin, puis allé voir l'un de mes cousins. J'ai répondu
à cinq annonces d'emploi. Pour ça, je fonctionne par à coup. Pas beaucoup de temps
pour la création. A part deux nouvelles idées de nouvelles. Je ne dois perdre
le fil de mon coup de speed au niveau du collage. Je dois finir ces fameux collages
dont j'ai trouvé la touche finale hier. Et puis Elodie m'a appelé pour confirmer
le rendez-vous de ce soir. Elle avait l'air excitée. Juin
(3). La soirée d'hier soir fût bizarre. Elodie a bien changé, contrairement
à ce que je supposais. Elle profite bien de la vie, avec des excès. Ca m'a fait
du bien de la revoir. Ca fait deux jours que je n'ai pas poursuivis mon journal
intime. Ce qui a le don de me mettre mal à l'aise, ou est-ce la réunion de ce
matin pour le festival, réunion qui a accouché d'une petite souris ? J'ai l'impression
qu'on n'avance pas, pas comme je le voudrais, pas à la vitesse que je souhaiterais.
Est-ce l'article que j'ai à faire pour la presse ? Je devais appeler Lyse mais
je n'avais plus trop le goût, et mon état n'allait pas avec un coup de fil aussi
important à passer. Bref j'ai eu un coup de spleen du milieu de l'après-midi jusqu'à
maintenant. Ca va mieux, Pierrette m'a téléphoné, nous irons boire un coup ce
soir, nous nous raconterons nos malheurs, demain elle me coupera les cheveux.
Ma vie défile trop vite, il me faudrait des journées de plus de 35 heures. J'ai
l'impression de ne rien faire de productif alors que je suis occupé toute la journée
à des choses que je trouve cependant futiles parfois. Je suis bien inspiré aujourd'hui
pour ce journal, ce qui confirme ma théorie du rapport de la créativité sur l'état
psychologique. Je ne sais pas où aller pour chercher du travail. Que de choses
à faire, que je délaisse souvent. Je me suis décidé depuis hier à vraiment chercher
les deux choses qui me manquent pour être digne. L'art ne suffit pas pour l'instant,
car je ne suis pas reconnu. Mais je ne suis le genre à faire des concessions.
Très peu pour moi. Je laisse ça pour les faibles. Vivement demain que j'appelle
Lyse, et que cela se passe bien. Juin
(4). Week-end qui sort finalement de mon ordinaire. Retrouvailles vendredi
soir, retrouvailles hier soir. Nuit à la belle étoile, week-end en faux-semblant.
Un grand bol d'air. Lyse ? Aujourd'hui, je me suis fait couper les cheveux
très court. Je trouve que j'emploie beaucoup de canadianisme, "toile",
"cellulaire", bientôt "mitaine". Juin
(5). Une nouvelle idée de nouvelle, que je commence à écrire spontanément.
Une nouvelle pensée philosophique. J'ai repris mes journaux, de septembre à novembre
1991. Laurent, résidant de peu à Paris et qui à des projets artistiques, m'a appelé
pour me dire qu'il rentre ce week-end. On pourra causer projet. Bonne journée. Juin
(6). Coup de fil d'une radio pour entretien d'embauche. Belle occasion de
se remettre dans le bain de la musique avec des contacts avec des maisons de disques.
Toujours des idées de nouvelles. J'en ai maintenant 61. Certaines prennent une
belle tournure. Je vais bientôt me renseigner pour les faire éditer. Je dois en
faire une, la première de la série, pour le début du mois de juillet. Je termine
l'année de l'agenda 1991-1992. Je n'arrive pas à dater certains événements qui
me reviennent à l'esprit. Pour affiner ce travail je relis toutes les lettres
que j'ai conservées. Ca fait une drôle de sensation. Plus forte que la lecture
de ces agendas. Je pense à toutes celles qui ont eu la chance de recevoir une
de mes lettres. Elles pourront dire, dans plusieurs années, qu'un écrivain leur
à écrit. Quelle belle ironie ! Toutes ces lettres sont des témoignages de ma passion
pour l'écriture. Je m'aperçois que je n'en reçois plus. Que je n'en écris plus.
Temps modernes
J'ai un coup de fil JC de Paris qui m'avait hébergé à
la Toussaint. Je lui avais demandé de se renseigner à propos d'une boite en face
de chez lui, qui à passé une annonce étrange dans Libération. Il m'informe
plutôt sur l'infortune amoureuse d'un ami commun. Juin
(7). Mon entretien la semaine prochaine permet de me concentrer essentiellement
sur l'écriture. Je me dis que serais peut-être pris et que cela ne vaut pas la
peine de consacrer trop de temps à la recherche d'un emploi. J'ai tout de même
envoyé sept candidatures entre vendredi et lundi. A 12 heures je reçois un appel
pour un autre entretien demain, à Lyon, pour un poste d'assistant de direction
dans un grand club sportif. Je lis beaucoup de lettres. Je rédige le journal
de 192-1993, et ses notes, jusqu'au fameux voyage à Venise. Juin
(8). Entretien à Lyon. Voyage sous une canicule. Bien passé. Fais quelques
ébauches de nouvelles. Juin
(9). Encore des coups de fils. Encore un entretien pour un boulot la semaine
prochaine. Encore une chaleur du tonnerre. Encore des kilomètres en voiture.
Je suis passée voir Rachel pour voir ce que je pourrais lui donner en matériel
de sculpture. J'ai rédigé le voyage à Venise dans mes journaux. Je craignais ce
cap à me souvenir, je n'avais rien noté sur papier mais beaucoup d'éléments me
sont revenus. J'ai encore une tonne de travail à faire, notamment à préparer sur
plusieurs supports mon entretien dans une radio, jeudi. Juin
(10). Avec Laurent, j'ai parlé projets de livre, bandes dessinées, ensemble.
Il a l'air sur la même longueur d'onde que moi. Il aime ce que j'écris. Juin
(11). Vu le temps qu'il a fait hier soir, orageux, je ne suis pas sortie.
J'ai lu Marie-Claire et d'autres revues pour veiller jusqu'à 2h00 du matin,
pour suivre le game 6 de la Stanley Cup. Encore des prolongations ! A 5h j'ai
décidé d'enregistrer la fin, en espérant qu'il n'y aura pas trop de prolongations
comme l'an dernier où j'avais loupé le but final après plus de sept heures de
jeu ! En plus j'ai programmé un film, Galactica, à 7h30. En me levant,
je vérifie la fin de la cassette de 240 minutes : elle se termine par Armageddon,
ce qui veut dire qu'au moins j'ai la fin du match. Ce film est normalement programmé
après Galactica. Mais si les prolongations dure plus de deux heures
.
Le match se termine après 30 minutes d'over time. Content de la victoire des Devils
du New Jersey. Rassuré par les nouvelles de Petr Sykora, sauvagement agressé par
le capitaine des Stars de Dallas, Derian Hatcher. Honteusement impuni. Il y a
d'ailleurs beaucoup de décisions surprenantes des arbitres, toutes en faveur des
Texans. Apparemment Galactica est en entier sur la cassette. Je le regarderais
ce soir, avant le game 3 de la finale N.B.A. et d'avoir des nouvelles sur l'entorse
de la cheville de Kobe Bryant. Dans le journal, il y a un article sur les artisans
d'art. Rachel est en photo. Hasard ou coïncidence. Je pense beaucoup à elle depuis
hier. Entre le foie gras et les frites, je reçois un appel d'Elodie. Elle
s'ennuie et veut que j'aille la chercher. Ce qui ne me dérange pas. Juin
(12). Hier avec Elodie, j'ai retrouvé un peu de moi il y a quelques années.
Je me sens mieux. Je veux rencontrer une compagne, ce ne sera pas elle, mais le
temps passé avec elle peut m'être profitable d'un point de vue conseil avec le
sexe faible. On a bien rigolé. Juin
(13). Achevé le journal de 1992-1993. Eprouvant sentimentalement. Retrouvé
le contact avec le leader spirituel de mon premier groupe, au début des années
90. Il a arrêté le groupe, mais bosse comme technicien du son. Pour le prochain
festival peut-être que je ferais appel à lui. Ca me fait plaisir de l'avoir eu
au bout du fil. Juin
(14). Voyage à Dijon sous la canicule, pour deux entretiens. Odeur de sulfateuse
à travers les vignes, vignerons bronzés, grillés. Arrivé sur le campus, je sais
que je vais voir, apercevoir, des visages connus. En traversant l'allée me menant
à mon premier rendez-vous, je vois une ancienne prof. Et puis en ressortant en
me disant que je n'avais reconnu qu'elle, je tombe sur un ancien, de ma génération,
le dernier des dinosaures. Juin
(15). Autre entretien, dans le désert situé à l'Ouest de Dijon. On m'a gâté.
Si j'ai à choisir entre ça et le campus, je crois qu'il y a plus d'avantages au
campus. Si j'ai le choix
Juin
(16). Appel de Dijon pour un second entretien. Débarrasser d'objets métalliques
par Rachel. Passer voir Elodie. Je commence le journal de 1993-1994. Juin
(18). Un concert celtique hier soir, près d'une église dans un petit village.
Moins bien que l'an dernier. Une soirée manquée. Un dimanche banal. J'en ai oublié
les surs du sud. Je n'y pense plus, leur contact a vite été rompu. J'avais,
les jours suivant le mariage, la déraison du sud. Juin
(19). Encore un voyage sous la canicule. Je ne sais plus quoi penser de mes
entretiens. Je continus mes journaux. J'en suis à la rentrée universitaire. Cette
année universitaire me sert de base à un roman que j'ai écrit à l'époque, mois
par mois. C'est un travail intéressant de partir de faits réels pour faire un
roman de fiction pure. Juin
(20). Pris trois livres à la bibliothèque municipale, Le dernier journal
de Livingstone, L'histoire de l'extrême droite en France, et un autre
ouvrage, Fin de siècle en solde, que je tenais à lire pour comprendre des
points de vue différents de son auteur par rapport aux miens. Juin
(21). Je passe de plus en plus de temps à travailler sur le festival. Beaucoup
de réunions, de coups de téléphone avec les médias et des groupes sélectionnés.
J'ai deux nouveaux entretiens en vues pour la semaine prochaine, dans la région
de Lyon. J'ai passé la soirée de la fête de la musique avec Elodie, Oliver
et sa voisine Nat, qui est de ma famille par alliance. Juin
(23). J'ai assisté à la finition de l'affiche du festival et des flyers à
l'imprimerie, jusqu'à 21 heures. Juin
(24). Centenaire de la chapelle de Dun, embrasement de la chapelle à 23 heures,
nous arrivons juste à l'heure. Il y a toujours du vent, mais beaucoup plus de
monde, forcement que d'habitude. Avec Oliver et Nat. Juin
(25). Je dois me remettre à la relecture et la rédaction de mes écrits. C'est
vraiment une thérapie contre le mal être. Si je ne me soumets pas à ce travail,
je me sens mal. Juin
(27). Je m'épuise depuis deux jours à comprendre des logiciels en vues de
mon entretien de vendredi. Et aussi à arroser le jardin. Mais je sens que, enfin
la pluie va tomber. L'orage semble arriver. Demain, le temps sera pour une fois
respirable pour mon trajet en voiture. J'ai repris mes journaux. J'en suis
à mars 1994. C'est épique comme époque. Juin
(28). La ville où je me rends pour l'entretien est sympathique. Sur un plateau,
et à 60 km de chez moi. Plus proches en temps et en distance que je pensais. Et
dire que je n'y suis jamais allé. Juin
(29). L'entretien d'hier s'est mieux passé que je ne pensais. On me contacte
pour me signaler que je tiens la corde. Je leur ai parlé de mon entretien de demain.
J'ai involontairement fait monter les enchères. Surchargé par mes diverses
obligations, mes divers déplacements, je trouve le temps de prendre un petit court
d'informatique sur la création de pages internet. Demain, j'ai un entretien pour
un poste dans le domaine du multimédia, dans la banlieue lyonnaise. Je récupère
les dépliants du festival. Juin
(30). Dans le train qui me mène à Lyon, je rencontre deux surs à qui
je file un tract de mon festival. Je passe l'entretien. Pierrette m'héberge. Je
prends une carte de transport à la journée et j'en profite pleinement. Métro,
bus, funiculaire. A Fourvière, je trouve le calme comme aux théâtres romains.
Ces endroits lyonnais à touristes sont un havre de paix. Juillet
1er). Je me lève à 9 heures mais je sors du lit à
10h30. J'ai regardé la fin du film d'hier soir, Les enfants du marais.
J'ai envie de kebab. Dans toutes les rues ça déménage. On est bien le 1er
juillet, pas de doutes là-dessus. C'est le bal des déménageurs. En rentrant des
courses, le journal et la bouffe, je tombe en bas de l'immeuble de Pierrette,
sur un rappeur de LC. On se rencarde pour l'après-midi chez lui où je reste bloqué
jusqu'à 17 heures à parler de son groupe et de foot. Le temps est enfin à l'orage.
Puis, retour à LC. Vers 1 heure du matin, alors je j'allais bientôt rentrer
me coucher, je reçois un coup de fil de Nat, qui va peut-être changer bien des
choses : elle m'invite à boire un verre chez elle, précisant qu'il y avait deux
copines. J'y vais. On boit, on fait un tour autour du lac. Je tâte le terrain.
Je ne pensais pas qu'on allait me monter une baraque. Juillet
(2). Je me suis dit que des deux femmes rencontrées hier soir, la blonde me
plaisais plus que la brune. Comme Pol, mon collègue de café pense le contraire,
tout va bien. Sauf que la brune veut me revoir ! Nat dit que ce n'est pas grave,
que ça va aller avec la blonde. Juillet
(3). Je donne des affiches du festival à un pote, sur son lieu de travail,
où je revois Cat la magnifique. Elle est l'une des directrices. J'ai fait celui
qui ne la reconnaissait pas, mais nos regards se sont croisés profondément pendant
une seconde. Je lui ai même parlé. On parle de sa fête prévue le 15 juillet, et
de mes rencontres de samedi. Je commence enfin mon dossier de presse du festival.
En écrivant ces lignes, je me rends compte que ça fait au moins une semaine que
je n'ai pas écrit mes mémoires. Malaise. Juillet
(4). Je finis le dossier de presse. C'est terrible ! Je n'ai plus le temps
pour mes journaux. Par contre j'en ai plein à lire à cause de la victoire de la
France dans l'Euro 2000. J'attends pour demain la réponse pour le poste d'animateur
multimédia, et peut-être un coup de téléphone de Manu, rencontrée samedi.
J'ai une lettre de Laurent : toujours des projets en tête. Juillet
(6). Je découvre les résultats du bac. Beaucoup du lycée l'on eut. Pas de
grosses surprises. Si quelques-unes unes. Je vois que la sur de Claire vient
de le décrocher. Je vieillis en voyant ça. Pas de Manu pour le barbecue de samedi,
si on le fait. Nat m'a filé sur numéro de téléphone. Je finis deux semaines
de boulot pour le festival. Il faut que je me repose quelques jours. J'aurais
bien passé le week-end, long, du 14 juillet avec Manu. Tant pis. Peut-être qu'un
de mes potes fera sa fête à cette occasion. Ca évitera des interférences entre
plusieurs femmes. J'ai envie de me consacré à d'autres filles des alentours. Juillet
(8). Je n'ai pas beaucoup de temps libre entre la préparation du festival,
l'entretien des jardins et mes déplacements. Je suis fatigué. J'ai envie de me
coucher, de rester allongé toute la journée à ne rien faire. Paradoxalement, à
l'approche du festival, mon boulot est presque fini. J'ai juste à participer à
une émission de radio, contacter les médias de la programmation finale. J'ai vraiment
besoin de repos. D'un bon massage. Ce soir nous devons aller à un festival
à 25 kilomètres d'ici, avec Oliver, Nat, Gros, Fati et les autres. Manu ne sera
plus fatiguée et viendra peut-être. Si Nat la convainc. Un 14 juillet chez Manu
est toujours envisageable. Je remets à mes journaux, chose laissée de côté
depuis dix jours. Juillet
(9). Pas de Manu hier soir. Soirée pas terrible, rien d'extraordinaire, du
moins. Aujourd'hui repas de famille, montée à Dun. Un temps gris, on se croirait
en novembre ou en Bretagne. Un temps idéal pour poursuivre mes journaux. Je ne
sais pas ce que je fais ce soir. J'ai envie inexorablement de marcher dans les
rues de la ville. Pour voir les choses du bon côté. Peut-être que je vais tomber
sur des personnes que je connais. Finir dans l'imprévue. Je dois avouer à
travers ces lignes que je sais avec qui j'aimerai bien être ce soir et tant d'autres
: une femme qui était avec moi au lycée, en cours d'espagnol. Elle habite dans
le quartier depuis un an ou deux ans. Je ne l'aperçois que de temps en temps,
quand je suis attablé en terrasse du Central café. Elle semble revenir du taf
ou des courses. Elle porte souvent des grands sacs de shopping. Elle semble seule.
Je ne l'ai jamais vu avec quelqu'un. Où travaille-t-elle, que fait-elle de son
temps libre ? Manu ? Les surs soleil sont oubliées. Totalement oubliées.
Je devais avoir un peu bu ce soir là, et l'alcool me tenant toujours dans des
délires de deux jours après. Le mauvais côté du champagne. Juillet
(10). Comme je l'ai écrit hier, sortir pour marcher peut avoir deux avantages
: l'oxygénation du cerveau et des rencontres imprévus. Je suis tombé sur Nat.
On a parlé de moi, de futures sorties et de Manu.Avant de me coucher, j'ai vu
un beau film hier et son nom c'est If only. J'ai fait un rêve. Je commençais
un job dans une usine de récupération. Le premier jour c'était bien passé. Je
retrouve des personnes que je connais. J'arrivais à faire ce que l'on me demandait.
Mais le second jour, je me croyais dans un décor de Chapeau Melon et Bottes
de Cuirs : plus personne, à 8 heures j'étais seul dans l'usine, à mon poste.
Je me disais que j'aurais peut-être la possibilité de faire la grande étape de
montagne du Tour de France. On est bien dans un rêve. Dans l'après-midi. Déjà,
en arrivant à l'usine, je n'avais pas fait attention, mais il n'y avait que 2
ou 3 voitures sur les parkings. J'arrive toujours en avance pour avoir le temps
de fumer 1 ou 2 Benson. Je me suis dit que beaucoup d'employés devaient être en
vacances. On est début juillet. Après, je suis tombé sur deux amis, qui me disent
qu'il n'y avait que le personnel administratif. Il y avait 300 licenciements.
L'entreprise fermait. Cette boite avait le même nom qu'une autre qui avait déjà
coulé. Je vis par la fenêtre Bernard Lama et Dino Zoff parler. Je m'adressa à
l'Italien, en anglais, pour lui raconter mes malheurs, ces 300 personnes se retrouvant
au chômage. C'est tout ce que je me rappelle de ce rêve. Le temps est toujours
légèrement gris. Continuons et finissons 1994. Je devrais aussi lire Sur le
rêve de Freund. Je travaille en réunion jusqu'à 22h30 pour le festival. Juillet
(11). Le temps s'est encore un peu plus rafraîchit. Je retourne à mes explorations
temporelles et temporaires du passé. Je n'avance pas beaucoup dans les jours.
Depuis hier, en quelques heures, je n'ai progressé que de 15 jours. Il faut dire
que du 1er au 15 avril 1994, il s'en est passé des choses, et qu'il
faut beaucoup de mots pour exprimer certains maux. Actuellement, je cherche
à gérer au mieux ce pont du 14 juillet, tout en attendant avec impatiente la réponse
pour le poste d'animateur multimédia dans un petit village de la Loire. J'ai un
programme chargé pour jeudi et vendredi, avec deux déplacements par jour. Plus
une émission de radio et des affiches à distribuer pour le festival. Je dois recruter
pour la fête de mon pote Thierry, des filles de préférences. Les deux de l'autre
jour, Pierrette, Pol
Juillet
(12). Je vais boire un verre avec un ami avec qui j'étais allé en Allemagne
l'été dernier. Je vais marcher un peu. Juillet
(13). Courses à Roanne l'après-midi, où j'ai vu et dit bonjour à Hilda, la
brune qui voulait me revoir. Une émission de radio en début de soirée. Pour la
première fois depuis des années, je ne vais pas à la boite pour une veille de
14 juillet. Pas le goût. La pluie est continuellement présente depuis lundi, le
vent, le froid. Je vais au café avec Pierrette, puis chez des amis où d'autres
nous vont nous rejoindre. Bonne soirée où l'on rigole beaucoup. Juillet
(14). Braderie bradée par le climat. Barbecue géant à Montceau-les-Mines,
où j'emmène Pierrette et Pol. Mélanges incertains, gin coca, pastis coca, vin
rouge, bière blonde, bière ambrée. Limite du hors-jeu. Le temps est toujours maussade. Juillet
(15). Réunion pour préparer le festival. Après-midi à la terrasse d'un café
où nous captons des petits rayons de soleil. Prévision d'une randonnée pour le
22. Soirée au chez des amis puis au Roadhouse, le squat bis. Bonne ambiance. Je
retrouve une ancienne élève du lycée, je donne des contacts à un groupe de rap. Juillet
(16). Je n'ai pas eu le temps de téléphoner à Manu. Pas le temps, peut-être
pas le bon week-end. Mine de rien, je suis sortis tous les soirs de la semaine. Juillet
(17). Encore de la route. Coup de fil d'une jeune journaliste pour faire des
interviews de groupe pour vendredi. Déjà la quatrième à rencontrer
Juillet
(18). Second entretien dans une radio. Voyage sous le soleil, mais pour une
fois, j'ai trouvé cela agréable. J'ai la réponse demain pour un poste d'animateur.
L'angoisse monte. J'ai peur d'être recalé même si l'on m'a dit que j'étais bien
placé. Juillet (19).
Il est 14 heures. Toujours pas de réponse. Je ne sais pas comment je vais m'en
remettre si je ne suis pas pris. Le festival, qui a lieu dans deux jours, occupe
mon esprit y compris la nuit. J'ai passé beaucoup de temps à faire des cartes
de visite pour le festival. J'ai perdu deux heures cet après-midi, mais finalement
je viens de parvenir à mes fins. Elles sont bien réussies. Je peux dormir l'esprit
libre, rassuré de mes capacités d'apprentissage, de réflexion. Enfin presque,
car on ne m'a pas rappelé pour le poste d'animateur alors que la réponse était
fixée, quelque soit le choix, à aujourd'hui. Pendant ce temps, je n'ai toujours
pas téléphoné à Manu. Juillet
(20). Jour de chance ! Je gagne bien eux fois aux grattages, mais j'essuie
encore un revers d'embauche. J'ai l'impression que tout le monde travaille sauf
moi. Je vais me reposer quelques jours après le festival. Je vais me plonger à
corps perdu dans mes écrits, dans mes projets. Puisque là, au moins, personne
ne me mettra des bâtons dans les trous. Mais comme je le redoutais, je vais vivre,
sauf miracle, un été d'exclusion sociale. Ce soir je n'ai goût à rien. J'espère
que demain au festival, je ferais de belles rencontre. Avant de me coucher, je
récupère des annonces sur la toile. Dont une concernant un établissement scolaire
de LC. Ce qui me soulage un peu, me redonne de l'espoir. Juillet
(21). Je réponds à l'annonce de l'établissement d'études secondaire pour un
poste d'animateur socio-éducatif. J'ai l'esprit ainsi, un peu plus libre. Stressé
à l'approche du festival. Soulagé quand on me dit qu'on rentre dans les frais. Juillet
(22). Je me lâche devant la connerie d'un membre de l'organisation. Ses remarques
depuis hier, ont été intolérables. Je pense arrêter toutes mes activités avec
l'association. Quelque chose est cassé. Je suis allé dans la nature avec des amis.
Ca m'a fait du bien. Je suis fatigué, j'ai mal et peu dormi. J'ai mal au dos depuis
hier où j'ai voulu décharger des caisses de boissons. Ce soir on fait un barbecue.
Manu viendra peut-être vers la fin. Je crois que j'ai sous-estimé ses sentiments
potentiels pour moi. Mais je pense toujours à l'autre fille qui était avec moi
en espagnol. Je l'ai aperçu à midi, à la terrasse du café. Quand pourrais-je l'accoster
dans la rue ? Juillet
(23). Je suis à peine remis du barbecue d'hier soir. C'était dans un cadre
perdu, loin de tout. Pas une maison à l'horizon, au bord d'un lac. Un feu. Il
manquait tout juste de la musique. Juillet
(24). J'achève Les jours en couleurs, d'Yves Simon. Je ne vois pas
où il voulait en venir. Pourtant j'aime bien cet écrivain, auteur, compositeur.
J'aime son style. Pour ma part, j'ai eu une journée prolifique : deux ou trois
nouvelles idées de nouvelles, sept ou huit pensées. Juillet
(25). J'ai fait un cauchemar. Maintenant que j'ai fini le livre d'Yves Simon,
je vais pouvoir survoler Sigmund Freud pour analyser mes rêves. Je pense que je
vais organiser un barbecue sur ma terrasse ce week-end, vendredi ou samedi, tout
dépendra du temps. J'ai enfin fini dans mes journaux, d'écrire le récit du
15 avril 1994. Il faut dire que ce fût une journée particulière. J'ai mis presque
une semaine pour y arriver, mais je ne voulais pas mal faire les choses. Juillet
(26). Je reprends l'écriture de mes journaux, maintenant que je suis bien
lancé. Je téléphone à Manu pour l'inviter à mon barbecue. Mais elle est déjà invitée.
Je crois que je vais mettre son cas de côté. Pierrette est de retour en ville.
Elle est en vacances. Elle propose de faire un tour à l'air de loisir. Je l'ai
senti très romantique en regardant le ciel étoilé. Ma tête a tourné, je me suis
senti très mal, pas assez bien pour faire le tour du parcours de santé. Je suis
pris de spasmes et de montées de chaleur, des jambes au ventre, en me couchant.
Je n'ai pas tout compris de cette soirée
Juillet
(28). Je continue mes journaux. Des regrets et des remords me viennent à l'esprit
à l'évocation de certains souvenirs. J'ai fini l'agenda 1993-1994.J'organise un
barbecue sur ma terrasse. Pierrette me lâche plus tôt que je pensais. Les autres
ne voulaient pas aller sur la colline. Juillet
(29). Je vais voir Laurent, chez lui, dans un petit coin de campagne assez
rassurant. Et là, il me sort une vieille lettre de dix ans, que j'avais écrite,
et qu'il devait transmettre à un ami d'enfance, alors que je m'apprêtais à quitter
la Cité Scolaire. Je n'en suis pas encore revenu. Pierrette fait la fête ce
soir avec des anciennes voisines de Roanne. De ce fait, sans ma meilleure amie,
je m'emmerde un peu même si les autres sont cool. Juillet
(30). Je téléphone à Elodie. Mais personne chez Elodie quand soudain, Pierrette
me joint. Finalement on regarde Yellow Submarine en vidéo. Nous sommes
déçus, mais à notre décharge, nous étions nets, nous n'avions rien pris. Juillet
(31). Piscine avec Pierrette, on fait notre kilomètre. On discute chez elle
de sa recherche d'un nouvel appartement. Nouveau barbecue le soir sur ma terrasse,
avec Nat et Oliver. Elle a trouvé une occasion, je la convainc de visiter tout
de suite cette occasion. Ce que nous ferons demain, deux avis valent mieux qu'un. Août
(1er). On part à Lyon de bonne heure. Il fait chaud
toute la journée, l'appartement est sympa, je lui dis de ne pas hésiter une seule
seconde, de sauter sur l'occasion. Sur la route du retour, j'ai un coup de fil
pour un entretien à Digoin, pour un poste dans une bibliothèque. En rentrant chez
nous, nous n'avions qu'une envie : nous jeter dans la piscine. Août
(2). Je me rends compte que je ne lis plus, je n'écris plus, je ne regarde
plus la télévision. Lucien, que nous avons ramené hier de Lyon, viens chez moi.
Le temps est gris, jusqu'à la fin de l'après-midi. Avec Pierrette, on va chercher
une pizza, infâme. Elle est fatiguée, rentre tôt chez elle. J'ai beaucoup d'affection
pour elle. Je vais lui faire une surprise : le plan d'aménagement de son nouvel
appartement, à accrocher au mur. Il n'empêche que j'ai eu peu le spleen. Qu'elle
en est la cause ? Août
(3). Aujourd'hui, c'est moi qui fait la pizza, que nous allons manger ce soir
chez Nat et Oliver. Piscine avec Pierrette. La pluie nous stoppe dans notre élan Août
(4). Je crois que je me suis claqué à la piscine. Tellement fatigué, et peu
motivé, je reste chez moi ce soir. Août
(5). Je revois Pierrette avant qu'elle ne reparte pour Lyon. Toujours la pluie.
Le soir je m'ennuie un peu. Il fait froid. Je fais le soir une émission à la radio
pour faire le bilan, positif, du festival. En fait, je me fais plaisir en parlant
plutôt de vieux trucs trouver ici et là dans les bacs de la radio, comme Abba.
Je me propose de venir régulièrement dans l'émission pour parler d'artistes ou
d'albums qui m'ont marqué. J'aime mieux parler de ce qui me plait, plutôt que
de casser des nouveaux albums. Je laisse ça pour les grandes radios et leurs animateurs. Août
(6). Mon spleen a atteint son paroxysme hier soir. Je me remets à l'écriture,
après dix jours de semi-léthargie intellectuelle. Je trouve un nouveau nom pour
mon recueil de poème. D'ailleurs, j'en ai écris trois en deux jours. Je suis fertile,
je le dois à elle. Je lis enfin la lettre que m'a donnée Laurent. Dans cette lettre,
je demandais des renseignements pour retrouver la trace de Claire ma plus grande
amie d'enfance, qui habitait dans le même immeuble que le gars que j'avais revu
à la Cité Scolaire bien des années après. J'allais en fait, la retrouver quelques
mois plus tard, en voyant son nom sur la liste des reçus au bac. Je lui conseillais
dans cette lettre, de se méfier d'une certaine sainte-nitouche. Août
(7). Je contacte Elodie pour qu'elle vienne me voir l'après-midi. Elle vient
chez moi alors que je suis en plein dans la rédaction de ce journal. Bavardage,
etc. Elle me surprendra toujours. J'invite le soir, un camarade du voyage en Allemagne
de l'an dernier. Je téléphone à Nando pour qu'il me confirme qu'il rentre au bled
ce week-end. Nous irons voir Laurent, ils ont plein de choses à ce dire au niveau
professionnel. Je retrouve progressivement mon appétit. Août
(8). Je reprends totalement mes activités intellectuelles, avec la poursuite
de mes journaux, en rajoutant notamment les moments où j'ai rencontré trois filles
: Pierrette, Steffy, et une autre, plus funeste. Août
(9). Je suis allé au jardin de bonne heure, pour récolter courges et pommes
de terre. Laurent est venu manger à midi. Nous sommes allés à la piscine, pour
mater. Nous avons revu les deux Anglaises que nous avions aperçues à la terrasse
du café : elles se baladaient en short et bikini, une grande blonde et une belle
brune de taille moyenne. J'appelle la blonde affectueusement Big Tits, ce qui
est sans équivoque. Elle lit beaucoup, Big Tits, elle aime la glace. Le soir je
mange chez Nico, le camarade d'Allemagne. Toujours à la recherche de K, cette
fille qui était avec moi en cours d'espagnol. Je scrute depuis la terrasse du
café Central. Presque tous les jours. Aux même heures. Avec le même livre, Wilderness.
D'ailleurs, je me demande ce que je vais devenir quand je l'aurais fini. Je l'ai
commencé à la Toussaint, juste avant de visiter la tombe de Jim Morrison. Je crois
que je vais acheter ses autres recueils : Arden lointain, Une prière
américaine, Seigneurs et créatures. Au rythme de deux ou trois poèmes
par jours, cela devrait durer encore plusieurs années. Mais, quand j'aurais lu
tout Morrison ? Quel autre auteur peut prendre le relais pour mon entretien intellectuel
? Kurt Cobain, Léonard Cohen ? Je crois qu'il faut que je rappelle Steffy,
avec qui j'ai coupé les ponts depuis le 1er janvier. Elle pourra me
donner des indications de temps sur certains événements pour mes journaux. J'ai
du mal à situer précisément mes rencontres avec les trois filles dont je parlais
hier. Août (10).
Rendez-vous pour un poste dans une bibliothèque, à Digoin. Juste avant, coup de
téléphone que j'attendais depuis longtemps pour un autre poste, plus prés de chez
moi, et mieux payé. Ca va bien. Nouvelle idée de nouvelle, avec l'inspiration
que j'ai eut depuis hier
Le soir, je regarde The big Lebowski, pour
la seconde fois. Comme pour Deadman, le deuxième visionnage m'a paru plus
court que le premier. J'ai flashé sur ces films. Je trouve plein de nouveaux surnoms
à ceux du feu local, que je vois toujours. Je téléphone à Pierrette pour qu'elle
m'aide à retrouver certaines dates, pour mes journaux. Elle ne m'en dit pas plus
que la dernière fois. Août
(11). Grosses chaleurs estivales depuis mercredi et les deux Anglaises. Je
commande à la librairie An american prayer, car j'aurais bientôt achevé
Wilderness. Août
(12). J'ai encore trouvé des nouvelles boutades métaphoriques. Je vais bientôt
atteindre la barre des 200. Je change déjà le titre de mon recueil : le titre
Visions et sensations remplace Visions et réflexions. Je vais
voir Laurent avec Nando, l'après-midi. Puis, je dois aller chercher mon agenda
annuel. J'y vais et je vois une sainte. Ses seins. Le soir j'ai une discussion
intéressante avec Nando, même si mon idée de donner des nouveaux surnoms à tous
ne le convainc pas. Où l'on apprend que nous avons fait des choses semblables
au niveau de l'écriture ! On avait tellement de choses à raconter que j'ai omis
de lui parler de ma proposition de l'inviter ponctuellement à la radio pour faire
une chronique sur des vieux ou jeunes artistes. Nous partageons beaucoup d'idées
au niveau de l'art et de la culture. Je suis allé chercher Elodie. Août
(13). Toujours la chaleur. Je passe ma soirée à regarder des vidéos de football. Août
(14). J'ai téléphoné à mon pote Thierry, le roi du barbecue. Je le pousse
à inviter un maximum de femmes célibataires pour sa prochaine fiesta, qui doit
avoir lieu le 26. Il me donne le chemin libre pour des vues sur une femme vu une
fois dans son magasin. Je passe voir Nat et Oliver, mais entre-temps, je me
suis fait piquer par une guêpe. On me prodigue les premiers soins. Mon bras a
enflé. Ca gâche un peu ma soirée. En plus il y a Manu chez Nat. On rigole, on
va à la fête foraine, on va au bout de l'air de loisir, on va à Dun. Je crois
qu'après cela, je confirme mon point de vue : je n'ai pas envie de la connaître
d'avantage. Août (15).
Je vais chez le médecin parce que mon bras a encore enflé durant la nuit. La peau
est bien tendue. Ca me gratte est ça me fait la même douleur que pour un bleu.
Cortisone. Août (16).
Ca va beaucoup mieux, mon bras a désenflé. Je peux reprendre mes activités intellectuelles.
Je vais essayer de finir mes journaux de septembre 1994 à décembre 2000, avant
le 1er septembre. Mission impossible
J'en suis à octobre 1994.
Il faut que je pense à préparer l'entretien de vendredi. Dimanche j'aurais l'esprit
libre pour mettre de la musique classique au concours hippique. Je devais
aller voir une fleuriste pour une poterie, mais je crois que je vais attendre
deux semaines. J'ai eu Pierrette au téléphone, elle est d'accord pour revenir
à une fête de Thierry, pour le 26 août, normalement. Août
(17). J'ai eu un hoquet pas possible hier soir, en visionnant deux navets
français de science fiction. Encore ce matin, ça m'a repris. Je suis allé au jardin
où j'ai énormément de travail : désherber presque tout, notamment le carré des
allium, ails, oignons, échalotes. J'ai ramassé encore deux grosses courges, trois
kilos de tomates, un peu de haricots. Je dois poursuivre mes journaux, en
essayant de finir aujourd'hui l'année 1994. J'ai aussi un nouveau poème, sur la
date du 29 mai, suite d'une chanson écrite il y a 10 ans. Également, je m'amuse
à faire une compilation de dance-music, à partir d'un compact que m'a passé Nat,
lundi soir. Août (18).
Toujours des crises de hoquet, hier soir, cette nuit. Fatiguant. J'ai passé mon
entretien au sommet de la ville. Superbe panorama, du boulot en perspective. Dernière
chance de rester dans le coin, j'ai un autre entretien pour un poste similaire
dans la même bibliothèque que le 10 août dernier. Pour ce qui est de mes journaux,
je bloque un peu sur une période assez chaude, situé entre fin octobre et début
novembre 1994. Août
(19). Ca fait trois jours que je suis à la bourre du matin au soir. Lien avec
le hoquet ? Il ne m'a pas réveillé cette nuit. C'est déjà ça, mais je sens que
cela peut recommencer à tout instant, même si j'ai pris hier à la pharmacie, des
comprimés contre ces spasmes. Au niveau de mon journal, c'est une journée
productive. Deux nouvelles pages, j'en suis à la mi-décembre, et je compte encore
en faire un peu avant de sortir. Soirée où rien n'était prévu et qui se révélera
comme une soirée où il n'y avait vraiment rien d'organisé. On nous force pour
suivre des personnes à un thé dansant à la dernière minute, pas le temps de discuter
vraiment. Aucune information ne nous a été transmise. Entre les personnes qui
ont eu l'idée de cette sortie, il manque aussi de communication. Par exemple,
j'avais bien dit que ça m'étonnerai au vu de ma tenue qu'ils me laissent rentrer
dans le thé dansant. Je n'ai pas eu le temps de me changer puisque prévenu au
dernier moment. Comme je ne suis rentré, avec Pol, lui aussi mal habillé, nous
sommes allés goûter des spécialités turques. Uniformité, qu'il demandait à l'entrée
de la boite
. Août
(20). Concours hippiques. Dès mon arrivée en cabine du jury, je me suis demandé
comme l'an dernier, pourquoi ou comment j'avais atterri dans cette galère. L'amour
de ce parc du château, et de la vue sur le lac qui n'est pas la même que le reste
de l'année : être de l'autre côté du lac. Tout ce qui est hautain est autour de
moi. Je sens la bourgeoisie et l'aristocratie galopante, me donner des montées
de tension. Il fait un temps lourd. Je suis là pour aider à mettre de la musique,
et à transmettre des informations. Ma débrouillardise me rappelle les concerts
gratuits que je faisais à Dijon. Je me crois revenu l'an dernier pour ce même
concours hippique : les mêmes personnes, le même climat météorologique et humain.
Comme si c'était hier ! Je ressens les mêmes sensations, je me pose les mêmes
questions. Quand vais-je pouvoir m'évader de ce lieu, plutôt de cette tâche ?
Mais, cela me permet de serrer quelques louches locales et de glaner de précieuses
informations sur l'avenir politique local, avec le festival comme point de vue.
Pris par l'atmosphère, et mon boulot bien accomplit, je me dis, et c'est bien
moi, que je serais encore là, l'an prochain, et que je pourrai même améliorer
mes conditions de travail. Je viens de terminer l'un des plus durs passages
de mes journaux, le réveillon 1994. C'est une bonne chose de faite. Il reste cinq
années, de janvier 1995 à décembre 1999. J'ai fait la moitié de mon travail de
relecture des mes agendas. C'est une thérapie. J'expurge des souvenirs. Je trouve
agréable de relire sa vie, de se rappeler de tout ce qui a été marquant. Août
(21). En lisant le journal ce matin, je suis tombé sur des photos de mariages.
Il y en a de plus en plus. Cela revient à la mode chez les jeunes. Et sur tous
ces mariages, deux concernés des filles qui était dans mes classes au lycée. Ce
qui me fait penser plusieurs choses. Premièrement, de plus en plus de camarades
de classe sont mariés, et ça fait de plus en plus naître en moi un sentiment d'isolement.
Aussi, en voyant leurs professions, je me dis que les résultats du lycée ne veulent
rien dire. J'étais meilleur qu'elles, et pourtant elles ont maintenant une situation.
Je me suis écroulé après le bac, je n'ai pas su me motiver. Comme le temps
était doux pour transpirer, je voulais aller faire un jogging. Mais au moment
où je sortais en vélo, il s'est mis à pleuvoir. Je n'ai pas insister plus de 500
mètres. Maintenant, l'orage a repris. Il fait un temps de fin de vacances. Nous
sommes pourtant à 15 jours de la rentrée scolaire. Même si je souhaite que se
soit ma dernière semaine de vacances. Il règne cette morosité. Alors, je vais
poursuivre mes journaux avec l'intéressante année 1995. Je dois d'ailleurs trier
toutes les lettres que j'ai reçues. Je n'en ai jamais autant reçu que cette année-là.
Parallèlement à cela, je finis ma compilation dance. Je me couche énervé par
la nouvelle exclusion de Patrick Viera. Ca commence à devenir lourd. Les Anglais
sont en train de détruire leurs chances de revenir au sommet européen. C'est du
racisme. Certaines brutes épaisses, comme Ruddock ou Roy Keane, peuvent vous tacler
au niveau des genoux, personne ne dit rien ! Août
(22). Je décide de me remettre à faire du sport régulièrement, Ca permet de
faire des excès de cigarettes et autres abus. Mauvais coup. Encore un échec de
candidature dans une école de LC. Je vais donc être obligé de m'expatrier, alors
qu'ici, on embauche des personnes venant de l'extérieur, qui ne resteront pas
toute leur vie ici, puisqu'elle ne ressente pas les ondes de LC. Je confirme de
fait, mon entretien pour le 1er septembre à la bibliothèque. Il y a
là-bas d'autres sources de motivations qui peuvent être intéressante. Je passe
voir la secrétaire de l'association qui restaure la chapelle. Je lui dis que j'arrête
toute activité associative. Je veux consacrer dorénavant mon temps à mes projets
personnels. Chez elle, c'est reposant, et c'est fascinant de l'entendre parler.
Elle peut parler du passé aussi bien que de la modernité. Elle est très cultivée.
Je contacte mes potes pour savoir qui rentre au bled ce week-end. Pierrette a
finalement son appartement pour le 1er septembre, celui qu'on avait
visité ensemble. Je prévois de modifier la configuration de ma chambre demain.
Surtout le poste de travail informatique, il n'est pas pratique. Je vais mettre
dans des cartons mes collections de bouteilles de bière, de thé. Je veux donner
au nouvel aspect à ma chambre. Je dois trouver un lieu propre à l'inspiration
artistique, en espérant que cela sera pour un temps très court. Cela voudra dire
que j'ai trouver un job loin d'ici. Pour ce qui est de mes journaux, j'ai
relu beaucoup de lettres hier et aujourd'hui. Des lettres de copines. J'avais
oublié certaines de mes qualités, en les relisant. Il faut que cela m'aide à reprendre
confiance en moi. Quelle belle thérapie ces journaux ! Je finis le mois de mars
1995. J'ai pas mal progressé ces derniers jours. J'en suis à ma rencontre avec
Sylvia. Août (23).
Comme hier, je débute la journée par un peu de sport. Comme j'ai quelques courbatures
à cause du jogging d'hier, j'opte pour un petit tour de bicyclette. Je passe ma
journée à refaire ma chambre, notamment mon bureau et mon poste informatique et
artistique. Tout devient nettement plus fonctionnel. Août
(24). Je me lève très tôt. Un petit cross matinal, une douche glacée. La forme
revient. Je me sens, après, beaucoup plus dynamique. Je fais un petit tour en
ville, au Central. Je discute avec une charmante étudiante qui travaille l'été
comme hôtesse. Elle a des idées communes aux miennes sur le plan tourisme et développement.
J'ai fini de ranger ma chambre, je peux reprendre mes activités intellectuelles
et informatiques. Août
(25). Je trouve deux nouvelles idées de nouvelles. Je me demande si je dois
faire une suite de nouvelles comme Bukowski ou un récit comme Apollinaire.
Enfin, le jour du tirage au sort de la coupe de l'UEFA est arrivé. Le FC Gueugnon
va connaître son premier adversaire continental. La tension monte jusqu'à 14h30.
Nous tombons sur des Grecs. J'avance beaucoup dans mon journal : je finis
ce soir au 23 juillet, soit juste après le départ de Sylvia. Ce soir nous devons
aller à Dun avec Pol, Nando et son Elodie. Août
(26). Nous n'avons pas été à Dun hier, mais nous avons quand même bien rigolé,
à l'aire de loisir. Je finis l'agenda 1994-1995. Dans la douleur et dans l'orage.
Sylvia, c'était fini. J'ai passé trois jours dans ses souvenirs. Août
(27). De 12 à 13 heures, je fais le mois de septembre 1995. A ce rythme là,
il faudra 46 heures de travail pour finir mes journaux, soit une bonne semaine.
Je me donne finalement deux semaines pour y arriver, soit au 9 septembre, jour
de ma fête, et jour de la fête chez Thierry, où il doit me présenter à une future
ex. Je fixe donc à cette date, cet objectif ? J'espère que cela me motivera. Car
quand j'aurais achevé cette tâche, je me sentirai diffèrent, libéré du poids du
passé. J'ai retrouvé au Central mes potes. Août
(28). À peine finie mon histoire avec Sylvia que voilà Hélène qui se profile.
Ca devient de plus en plus passionnant. Je passe le cap mythique du 11 janvier
1996 ; découverte d'Hélène et enterrement de Mitterrand. Mois de février 1996.
Ca m'a fait une émotion de me souvenir de cette période, de cet acte manqué avec
Hélène. Et de me redire que je ne la reverrai plus. Encore 48 mois jusqu'au 31
décembre 1999. Pierrette me téléphone et me dit qu'elle a vu en boite samedi
soir Steffy. Août
(29). Je range de la paperasse, j'en élimine, je nettoie aussi l'ordinateur.
Avec cette histoire de journaux, j'ai envie d'écrire ou de téléphoner à Steffy,
ainsi que de reprendre le contact avec d'autres filles. À côté de cela, j'ai eu
eux nouvelles inspiration, une pour les citations humoristiques, une pour les
nouvelles pour adultes. Août
(30). Je suis allé m'oxygéner à la montagne de Suin. Il me reste 43 mois à
faire en une semaine, pour mes journaux, c'est jouable à condition d'y passer
pas mal de temps, de bien gérer mon emploi du temps. Août
(31). Un nouveau poème, venu à l'esprit en écrivant mes journaux. J'en suis
au 1er septembre 1996. J'ai téléphoné à Thierry pour savoir où il en
était pour les invitations pour sa fête du 9 septembre. Mais, par expérience je
me méfie. Demain, j'ai un entretien important à la bibliothèque de Digoin. Un
de plus
Septembre
(1er). L'entretien de ce matin c'est bien passé,
presque dans un climat de rigolade. J'ai revu les membres du jury du 10 août.
Trois idées : deux nouvelles et une pensée. Je reprends mes journaux au 1er
septembre 1996. Avant, je prends un bol d'air à Dun, doublé d'une excitante célébration
de la nature : je sème graines et bulbes en haut de la colline. Il y a du vent.
C'est bon. Je profite du paysage pour, enfin, finir Wilderness, de Jim
Morrison. Après j'irais prendre une consommation à la terrasse du café Central
et je serai apte à m'atteler à ma fastidieuse tâche d'écriture. Septembre
(2). J'arrive dans mes journaux au moment de ma rupture avec Hélène. Deux
nouvelles pensées métaphoriques. J'ai réfléchi à ce que je ferais comme suite
de travail intellectuel quand j'aurais fini mes journaux. Je crois que je finirai
les dizaines de moutures de textes pour chansons, d'abord. Ensuite, je reprendrai
1991 et 1993. Puis les nouvelles et autres idées de roman. Suivre
un ordre chronologique, logiquement. La librairie a enfin reçu Une prière américaine,
de Jim Morrison. Moins de page mais plus de mots. Les paroles des albums. Quel
pied je vais prendre ! J'étais très excité par l'approche du match de football
France - Angleterre. Depuis une semaine j'y pensais. Un peu déçu quand même par
le spectacle. Ce soir je suis allé voir Nat et Oliver avec Élodie et Pol. L'automne
arrive à grands pas. Septembre
(4). Fin des les vacances. Je suis pris à la bibliothèque de Digoin. Je commence
jeudi à 9 heures. Je me sens soulagé comme peut-être jamais. La tête libre. J'ai
plein de personne à prévenir. Comment vais-je m'organiser ? Il y a pénurie d'essence,
je dois déménager quand ? Est-ce que je vais travailler samedi, pourrai-je prendre
mon billet pour le match de coupe d'Europe à Gueugnon ? La roue tourne, peut-être
un signe pour la soirée de samedi chez Thierry. Il y a encore une photo de
mariage qui m'interpelle dans le journal d'aujourd'hui. Quelqu'un de plus jeune
que moi. J'ai deux nouvelles idées de nouvelles. Par contre, est-ce que je pourrais
finir avant samedi soir mes journaux ? J'en suis à environ 70 idées de nouvelles,
certaines bien avancées. Peut-être en fusionner
J'ai téléphoné au Gros
et Nori pour leur dire que j'ai trouvé du taf dans leur bled. J'ai aperçu K, deux
fois en 30 minutes. On s'est bien regardé la première fois. La seconde fois, je
n'ai pas osé traversé la rue. Demain, je vais aller faire un tour au marché de
LC en me disant que c'est la dernière fois avant un bout de temps. Septembre
(5). Je téléphone à Thierry pour lui dire que j'ai trouvé du boulot, mais
il me dit que, comme d'habitude, des filles se sont désistées pour sa fête de
samedi. Je pense de plus en plus K. Dire que je dois quitter LC ! J'ai décidé
d'écrire à Stef et Steffy. Stef n'a plus de téléphone fixe sur Dijon, d'après
mes recherches, peut-être un portable, et Steffy a toujours la même adresse à
Lyon. Je ferais de même pour Sylvia. Quand j'aurais fini mes journaux. J'ai regardé
hier soir Buffalo 66. De Vincent Gallo. Quel film et quel génie ! Film
prenant. Enfin commencé la lecture de Une prière américaine. Une nouvelle
pensée trouvée. Septembre
(6). Dernier jour de libre avant d'attaquer ce nouvel emploi. Je me sens vraiment
détendu. Une nouvelle idée de nouvelle. Pas vu K, j'ai eu un contre temps aux
heures où je pouvais peut-être la voir Bonne nouvelle, j'ai ma place pour le match
de coupe d'Europe de Gueugnon, jeudi prochain. J'espère que je sortirai à temps
du travail, il n'y a que dix minutes de voiture. J'ai pensé, en regardant un reportage
sur le festival de Deauville, à la création d'un festival mondial du cinéma "ouvrier",
qui parle de ceux dont on ne parle jamais. Septembre
(7). Premier jour de boulot. Je le sens bien. Je suis le seul homme du navire.
Manue qui a commencé lundi, occupe le poste pour lequel j'avais passé un entretien
au mois d'août. Je rentre crevé. Je n'ai pas la force de faire plus qu'un mois,
avril 1998, dans mes journaux. Plus que 20 ! Je passe une heure à téléphoner.
Je prends un rendez-vous pour visiter un F3 demain à 14h30. Je mangerai à midi
chez Nori qui fini sa journée comme moi à midi, le vendredi. Le blocage des raffineries
par les routiers m'a angoissé toute la journée. Je fais trois stations, vidées,
et finalement en rentrant au bled, j'arrive à faire le plein. J'hésitais pour
aller chez Thierry samedi, à cause des problèmes d'essence. Mais maintenant, je
suis un peu rassuré. Et Pierrette que j'ai appelé ce soir, a l'air motivé pour
s'y rendre. Elle veut bouger. Reste à savoir si la soirée est confirmée, si tout
le monde a assez de sauce pour s'y rendre. J'appellerai Thierry demain. Septembre
(8). Seconde journée de travail. Je ne peux pas me donner une idée de mon
futur travail puisque nous déménageons la bibliothèque de lieu : faire des cartons
hier, vider les placards et les murs. A propos de déménagement, j'ai visité un
F3 cet après-midi. Je ne le prends pas car il y a trop de travaux à faire. J'hésite
sur le choix de ce que je veux comme type d'appartement, et sur l'aménagement
que je veux avoir : un coin informatique pour mes travaux d'écriture, un coin
atelier artistique pour la peinture, le collage, la sculpture. Les deux ? Aucun
? Je prends un studio, un F1, un F2, un F3 ? Quel style ? Atelier d'artiste avec
un matelas par terre, des délires au mur, etc. Style propre et pratique ? Vraiment,
je ne sais pas ce que je veux. Je me donne le temps d'y réfléchir. Encore aperçu
K. J'ai téléphoné à Thierry, à Pierrette. Pas de changement pour la soirée
de demain. Je vais chercher Pierrette à la gare à 19 heures. Pour ce qui est des
filles, on verra bien demain qui il y aura. Septembre
(10). Une fois de plus, pas de filles invitées sinon une, que son copain a
rejoint après le boulot. Je pense encore plus à K. Je n'ose pas, mais peut-être
qu'elle aussi. J'aurais des possibilités de la voir en rentrant du boulot, aux
heures et lieux habituels. Je dois régler vite cette affaire. Septembre
(11). C'est fait. J'ai abordé le cas K. Elle n'est pas au premier abord comme
je l'avais imaginé. Mentalement. Je n'ai pas assuré. Je crois m'être planté sur
toute la ligne, depuis le début. Septembre
(12). Je viens de me rendre compte que cet emploi dans cette ville me condamne,
condamne mes projets musicaux. Ce n'est pas ici que je trouverai le ou les musiciens
idéaux. J'ai un spleen. Je suis déjà loin de la joie créée par l'annonce de ma
sélection pour l'emploi. Septembre
(13). La routine commence à s'installer. Je rentre crevé les soirs et je ne
peux rien faire. Je laisse de côté mes journaux, je reprendrais ça samedi ou dimanche.
Est-ce en rapport avec mon spleen ? Ca confirmerait que l'écriture est pour moi
une thérapie. Je pense de plus en plus au match de demain, en coupe d'Europe,
à Gueugnon. Septembre
(14). Gueugnon. Dans les tribunes du stade, derrière les buts, comme de plus
en plus souvent. Je suis nostalgique. Ma situation est toujours pareille. Je suis
encore à la recherche du bonheur, de l'amour. Le match ne me fait plus rien. J'ai
les yeux plutôt attiré par la culotte émergeante d'une jeune femme, deux rangs
devant moi. Son mari était au lycée en même temps que moi. Les yeux dans le
slip, ça pourrai faire le titre d'un film
Septembre
(15). La fin de la semaine s'est fait en roue libre. J'ai mangé à midi chez
Nori. Repas philosophique. Je visite un nouvel appartement. Je ne sais pas quoi
prendre car je ne sais pas si j'amène mon ordinateur. Plein d'idées cette semaine
: dessins, scénarii de court-métrage, nouvelles, pensées. Je suis plus polyvalent
que jamais. Je suis allé dans un bar, puis un pub, puis une boite, à Roanne,
avec Laurent et Pol. Nous avons rencontré trois jeunes, trop jeune, filles. J'avais
raison de ne pas les sentir. Septembre
(16). Je reçois une offre de l'agence de l'emploi pour un poste de journaliste
dans le quotidien régional. Alors que j'ai trouvé déjà un travail ! Je vais y
répondre mais cela me laisse encore plus perplexe. Je vais avoir un choix délicat
à faire car il s'agit pour ce travail de journaliste, d'un contrat de 3 mois renouvelable,
peut-être transformable en contrat à durée indéterminé. Je ne sais pas quoi penser,
et cela doit repousser une décision pour prendre un appartement. Décidément,
ce fût un week-end sortant de l'ordinaire. Nous sommes allés ce soir dans une
ville voisine où se tenait un festival de reggae. Je suis tombé sur Pierrot, le
leader de mon groupe, au début des années 90, dans un hameau de la Loire. Septembre
(17). C'est la journée du patrimoine, et comme tous les ans, je vais faire
un tour au château. Avec à peu près les même personnes qu'hier soir au festival.
Je me pose plein de question sur mon éventuel choix à faire si je suis pris comme
journaliste. Septembre
(18). Je vais à l'agence pour l'emploi pour savoir comment ça peut se passer
si je décide de répondre favorablement à l'annonce pour un poste de journaliste.
Je n'en suis pas encore là. Septembre
(19). J'ai plein d'idée en ce moment. Des idées sur tout : nouvelles, dessins,
humour, idées de travail, concept, invention, en techniques d'information et communication.
Je n'ai pas repris mes journaux. Septembre
(20). Je ne pense plus à K. C'est déjà ça. Il y a plein de belles choses dans
mon nouvel environnement. C'est un point positif pour me retenir ici. Septembre
(21). Toujours des idées. Cinéma, nouvelles, idées diverses pour créer des
nouveaux concepts. Septembre
(22). Pas de nouvelles pour le poste de journaliste. Je ne me fais pas une
fixation là-dessus. Je dois plutôt me concentrer sur la boite qui fait des sites
sur la toile, se situant à 15 minutes de chez moi. Je dois leur proposer mes services.
Il faut que je me forme. Je dois y aller au culot, comme Nando a fait. Je n'ai
rien à perdre. Je crois que le boulot idéal est un boulot où l'on bosse à domicile,
aux heures qu'on veut. À force d'être entouré de livres, de romans, de journaux,
de romans, je me suis enlevé le spleen que j'avais pris, à cause de mon impossibilité
de trouver à coup sûr des musiciens dans ma nouvelle ville. Je me dis que je dois
absolument publier d'une façon ou d'une autre mes écritures. Je ne pense pas être
plus mauvais que certains "écrivains" dont j'ai vu les "uvres"
à la bibliothèque. C'est la troisième fois que je fais le tour complet des rayons
romans, etc. J'ai une énorme envie de lire. Au moins, pour ce qui est de l'écriture,
je n'ai besoin de personne pour avancer dans mes projets. Quoique, pour ce qui
est de la musique, j'en ai parlé à Pierrot et Stéphane que j'ai vu samedi soir.
Et si je recommençais à eux ? J'ai repris aussi mes journaux. Après deux semaines
de pause forcée. Septembre
(23). Réponse négative pour le poste de journaliste. Le quotidien m'écrit
dans la lettre, de les contacter si je suis intéressé par un poste de correspondant
sur LC. Ce soir je vais enfin découvrir le thé dansant de Roanne. Avec Laurent. Septembre
(24). C'était une super soirée. J'ai blagué avec le patron à l'entrée, avec
la caissière. Il y avait beaucoup plus de femmes que d'hommes, au début surtout.
Le cadre de la boite est un ancien cinéma. Il y a deux salles. Dire que je devais
venir depuis des années ici, empêché par les a priori de mon entourage. Et pourtant,
il y avait des jeunes, des moins jeunes, il y en avait pour tout le monde. Il
y avait aussi de la musique des années 80. L'ambiance était joyeuse, pas de désordre.
Le slow sur lequel j'ai dansé au mariage de ma cousine avec une des surs
du sud. J'ai tout de suite réagi. Je compte revenir le plus vite dans cette boite.
J'espère aussi, que le thé dansant qui se situe dans la ville où je bosse, est
aussi bien fréquenté que celui d'hier soir. Je mets au propre toutes mes idées
de la semaine. J'ai commencé à développer les idées de nouvelles les plus fraîches. Septembre
(25). Journée cool au travail. Je téléphone au journal régional pour le poste
de correspondant local. Pour voir si cela vaut le coup. Rendez-vous demain après
le taf. Je mets au propre des idées de scénarii et de dessins avec Laurent. Je
scanne des photos pour la création d'un site avec l'aide de la copine de Nando. Septembre
(26). En allant à mon entretien pour un poste de correspondant local, je me
laisse surprendre par la beauté de Paray. Cette cité catholique, distante de 12
kilomètres de mon lieu de travail, et située plus près de chez moi, à 22 kilomètres.
Je la traverse soir et matin, et c'est vrai qu'elle est très jolie, très verte,
très calme. Il y a beaucoup de passage, toute l'année, je connais de plus, des
amies y résidant. En clair, je sens des ondes positives pour ma créativité, critère
premier pour un choix de logement. Je serais à 10 minutes de mon travail. Je me
demande si cela ne vaudrait pas mieux que j'habite ici plutôt quà Digoin
où je travaille, même si çest mieux pour mon intégration. Pour ce qui
est de l'entretien, il fut formel. J'étais plus client que vendeur. Est-ce que
ça vaut le coût de faire des articles à 50 ou 150 francs pièce, et de ne plus
avoir ses soirées et son week-end de libre. De plus, si je déménage de ville je
ne vais rentrer tous les soirs à LC pour assister à des assemblées d'association
locales. Septembre
(27). Je vois Elodie. Elle bosse dans une grande surface. Elle dit qu'elle
me contactera cette fin de semaine. Encore un mariage d'une fille du lycée, dans
le journal. Celle-ci est toujours étudiante. Encore une citation personnelle.
Bientôt la barre des 200 sera atteinte. Septembre
(28). Je me demande si je ne vais finalement prendre un logement temporaire
au château, qui est à 5 minutes de la bibliothèque. Cest là quhabitait
Nori lan dernier. Gueugnon est éliminé dans le mépris et l'indifférence
générale. Septembre
(29). Une nouvelle citation. Mon dernier vendredi après-midi de libre a vite
été bouffé par la consultation de mon courrier sur la toile, par l'envoi par courrier
électronique de photos de la chapelle Sainte-Avoye, pour le site que je conçois
dans ma tête. Plus ça va, plus je me dis que j'irais bien au château, ça dépendra
des studios que je vais voir, de la vue. Septembre
(30). Hier soir, je suis allé au café avec Lucien qui est là ce week-end.
Nando nous a rejoint plus tard. Je suis rentré bien épuisé. Je continu mes journaux,
je note les idées de la semaine. Je téléphone à Pierrette pour avoir de ses
nouvelles. Elle m'invite toujours à passer un week-end chez elle, à Lyon. Chaleureusement. Octobre
(1er). Hier soir, il y avait pour une fois, beaucoup
trop à boire. J'ai perdu cette habitude de boire. Nous avons bien rigolé. Aujourd'hui,
j'ai fait un peu de vélo à midi. J'ai téléphoné à Elodie qui, bien que malade,
a accepté de sortir avec moi cet après-midi, pour un tour dans les vallons voisins.
C'était la fin des Jeux Olympiques à la télé. J'ai vu le concert de Midnight Oil.
J'ai eu des frissons, en voyant cette gigantesque fête dans le stade d'Australie.
J'ai manqué quelque chose. Je dois être à Athènes dans quatre ans. C'est moins
loin. Et à Paris dans huit, c'est encore moins loin. Octobre
(2). Demain, c'est l'ouverture au public de la bibliothèque. Je n'ai pas travaillé
aujourd'hui, c'est le début de mes nouveaux horaires, je vais bosser deux samedis
sur trois. Une nouvelle idée de dessin avec Laurent. Un gros problème informatique
résolu grâce à lun de mes oncles. Octobre
(3). J'ai rencontré à la bibliothèque, une fan de Suede, pourtant bien jeune
à la vue de l'âge du groupe. So young devrais-je dire ! Je rentre à 20
heures du boulot. Je n'ai pas le temps de passer les coups de fils que je devais
passer. Une nouvelle idée de nouvelle. Octobre
(5). Je suis depuis le début de la semaine en pleine période de cyclothymie.
J'alterne le spleen et l'espoir, le tout chapeauté d'un syndrome de Stockholm
de plus en plus permanent. Aujourd'hui sort la biographie des Beatles. Depuis
ce matin, c'est un sujet récurrent à la radio publique. Ce n'est pas pour me déplaire.
Ce soir encore, il y a une émission spéciale. Ca donne envie d'écouter plus souvent
ce groupe. Aussi, d'acheter tous leurs albums. Je n'ai que des compilations, mis
à part Sergent Pepper's lonely hearts club band et Let it be. J'ai
reconnu dans l'émission que je viens d'entendre, Hey bulldog qui figurait
dans Yellow submarine, vu et enregistré cet été, avec Pierrette. Octobre
(8). Deux grandes nouvelles : la secrétaire de Sainte-Avoye m'a dit que le
châtelain du village lui a demandé de me demander si j'étais intéressé par la
perspective de faire partie de sa liste pour les élections municipales de l'an
prochain. Je m'y attendais, sans aucune forme de prétention. J'attends d'ailleurs
qu'une autre liste me contacte, pour rendre la situation encore plus cocasse.
Mais je me rappellerai qui m'a contacté en premier. Même si je n'ai pas d'ambition
politique local, je peux profiter de cette opportunité pour trouver un travail
beaucoup plus intéressant et plus stable. J'ai les cartes en main, j'ai plein
d'idée à soumettre au marquis. Je me verrai plutôt comme conseiller en communication.
Après avoir hésité à peine une heure, je crois que je vais accepter cette opportunité.
Même si je ne suis pas conseiller municipal, je pourrai tirer profit de la situation
pour aider au développement de LC. Ce qui m'intéresse le plus, c'est le tourisme
et la culture. J'ai dit à la secrétaire de dire au marquis que je ne serai pas
contre l'idée de faire partie de sa liste, et que j'aimerai le rencontrer au plus
vite. Le seconde nouvelle, encore plus importante pour moi, est que Pol m'a
dit qu'hier soir à la boite, il a vu Steffy. Elle a retrouvé sa couleur naturelle
de cheveux. Elle lui a semblé avoir changé. Mûrie. Depuis, je pense à elle. Et
si j'avais perdu mon temps, elle aussi, en n'étant pas ensemble. Et si ce n'était
pas elle ma destinée ? Je lui écris ce soir, ce que je devais faire depuis des
semaines. J'ai préparé, il y a un mois, les enveloppes pour des lettres pour Steffy,
Stef et Sylvia. Mais je n'ai la tête à n'écrire qu'à la première. Tant pis pour
ce qu'en pensera Pierrette. Je n'ai jamais voulu me fâcher avec les deux, et finalement
je me suis coupé de Steffy, que je n'ai pas eu depuis le 1er janvier.
Demain, j'ai des horaires plus cool, je tenterai de finir l'agenda 1998-1999,
les mois de juillet et août. Il faudra que je visite des appartements cette semaine,
car ça me fatigue de plus en plus ces aller-retour quotidiens. Octobre
(9). J'ai écrit à midi, dans ma voiture, une lettre à Steffy. Une lettre longue,
quatre petites pages. Je lui dis de nous téléphoner vendredi soir. Je réalise,
en lisant le journal, que la grosse écurie du championnat de D2, Montpellier,
joue mercredi soir à Gueugnon, à 20 heures. Comme je finis à 19 heures ce jour-là,
j'irai tout de suite après mon travail. Octobre
(10). J'ai visité un appartement après le boulot, mais il a été éliminé à
cause d'un chauffage électrique doublé d'un parquet. Et pas de garage. Je suis
alors allé ensuite dans une agence immobilière, où j'ai expliqué mon cas, que
j'avais l'esprit ouvert, du studio au F2, voir F3, meublé ou pas mais avec un
garage. Lundi prochain, je vais aller visiter des appartements dans le château.
Il y en a plein de libre, peut-être que je ferais des connaissances intéressant
là-bas. J'ai l'impression qu'il y a plein de femmes seules, divorcée ou séparée
dans cette ville. Je pense y rester quelques mois si tout se passe bien avec la
nouvelle perspective liée aux élections municipales. Je dois en profiter au maximum,
aller au thé dansant local, en espérant qu'il sera aussi bien que celui de Roanne.
A l'heure ou j'écris ce journal, Steffy doit lire ma lettre. Octobre
(11). Le travail se passe de mieux en mieux à la bibliothèque. Je n'ai plus
de spleen. Je trouve de nouvelles citations, j'atteins enfin la barre des 200.
Montpellier vient gagner chez nous. Cela m'énerve, leur comportement, l'arbitrage. Octobre
(12). Deux nouveaux flashs de ma vie me reviennent à moi, je les note sous
forme de poèmes. Deux nouvelles citations. Pierrette m'appelle pour me dire qu'elle
rentre ce week-end, et que je suis obligé d'aller à sa crémaillère samedi prochain.
Je n'ai guère envie de prendre ma voiture, je préfère le train quitte à payer
plus cher. Mais elle me dit qu'il y aura de tout, "la totale" ! Octobre
(13). D'abord, je n'ai pas eu le temps d'appeler Steffy. Je le ferai demain.
Car j'ai du appeler le marquis pour les élections. J'ai laissé un message pour
qu'il me fixe un rendez-vous ce week-end au château. Je reprends mes journaux
demain, et j'espère les finir demain ou au moins ce week-end, histoire de passer
à autre chose, mes textes de chansons et mes nouvelles pour adultes seulement. Octobre
(14). Je suis allé au château pour voir le marquis. Je n'ai pu lui demander
de me pistonner via sa famille pour un boulot au bled ou à Lyon, et pour cause
: il ne sera pas tête de liste. Il faut que j'aille voir la tête de liste. Il
faut surtout que je renseigne pour savoir si je peux être sur une liste tout en
"résidant" à 40 kilomètres de LC. Je suis allé voir une exposition
de peinture et sculpture. J'y ai vu après, Laurent à qui j'avais donné rendez-vous.
Pierrette m'a appelé pour me dire qu'elle passerait me prendre à 21 heures pour
manger une pizza chez elle, ses parents n'étant pas là. La soirée s'annonce bien.
D'ailleurs je pense au week-end prochain où je dois me rendre à sa crémaillère.
Je téléphone à Steffy. Je suis resté une bonne demi-heure au bout du fil. Nous
avions forcement beaucoup de choses à nous dire. Elle me dit que pour elle, la
vie est toujours la même. On se promet de s'appeler pour savoir si je vais bien
à Lyon le week-end prochain. Elle viendra sur Roanne bientôt, on s'y verra. Octobre
(15). J'ai vu rapidement Nando qui m'a donné un livre pour Pol, et un disque
de Tahiti 80 pour moi. C'est cet album que j'avais écouter chez un disquaire lors
de mon dernier passage à Paris en février. Hier soir, on a bien rigolé chez
Éric F pendant que les filles jouaient à un jeu africain. Elles n'étaient plus
présente avec nous, dans la pièce. Mais j'ai senti la fatigue venir vers deux
heures du matin. La pizza était toujours aussi lourde à digérer avec sa tonne
de crème fraîche. Le temps est gris est la bruine est là. Je vais téléphoner à
Pierrette et pour faire un tour et boire un coup. Je n'ai pas encore eu le temps
de parler de la soirée de la semaine prochaine avec Pierrette. Je dois retourner
dans une pièce de ma maison où j'ai entassé livres trouvés dans le grenier de
mes grands-parents, pour les inscrire dans ma base de données. Pierrette est
venue me prendre et nous sommes allés au café Central. La pluie tombe depuis hier.
Triste week-end. On a évoqué sa soirée du week-end prochain. Je lui dis que je
bosse tous les samedis jusqu'au 11 novembre. Elle me dit qu'il y aurait sept ou
huit personnes mais qu'elle n'a contacté personne sauf moi. Ce n'est donc pas
encore officiellement pour samedi. Il y aurait une copine, que j'avais vu lors
de ses précédents anniversaires, avec son copain, une autre copine à Pierrette,
des amis. Je n'ai pas eu le temps de téléphoner à Elodie, je voudrais bien qu'elle
vienne avec moi à Lyon. Demain matin, je vais visiter plusieurs appartements.
Il faut que j'emménage assez rapidement, parce que je suis vraiment claqué.
Le spleen commence à réapparaître. A cause principalement de ce déménagement.
De mon indécision quant à ce que je veux comme logement. Il faut que je sente
comme chez moi pour être créatif. Mais il ne faut pas que je me sente perdu quand
je retournerai dans ma chambre, dans ma maison de LC, je ne dois pas la vider
de son âme. Et je n'ai pas envie chaque week-end de faire des allers-retours avec
des piles d'affaires. La seconde cause de ce spleen est qu'il s'en est fallu de
peu pour que j'évite cette situation. Je n'ai pas été pris dans mon bled pour
le même boulot, le même profil de poste, payé plus et avec plus de vacances. En
plus, je suis peut-être fait des illusions en croyant que le châtelain pourrait
me pistonner. Octobre
(16). J'ai visité ce matin des appartements. Rien ne m'a emballé. Je suis
toujours dans le vague. Je visite demain un autre appartement, bien que grand.
J'en visite un autre jeudi après le taf, par cabinet de notaire. En rentrant,
je tombe sur un article dans quotidien local qui parle de la foire expo régionale.
Je voulais y aller mais je me suis dis qu'il y avait plein d'autres choses qu'il
fallait que je fasse. Mais cet article disait qu'ils y avaient des boites qui
travaillaient dans l'internet de présente. Donc j'y vais, avec Laurent, à qui
j'ai téléphoné. Et j'ai bien fait d'y aller car j'ai contact sérieux avec une
nouvelle boite qui s'est créée en périphérie de LC. Ils me prendraient en free-lance
à partir de l'an prochain, mais il faut que je trouve une formation pour maîtriser
la mise en page. Je finis enfin mes journaux : 95 pages, format A4, taille
10. Je dois imprimer tout ça pour faire quelques corrections. Après, j'écrirai
les nouvelles et je finirai toutes les moutures de texte entamées, il y a 5 ans.
De quoi occuper mes soirées dans mon futur chez moi. J'ai emprunté à la bibliothèque
la semaine dernière des bandes dessinées qui se passent à Lyon et à Dijon. Les
dessins de la gare de Dijon sont très réalistes. Octobre
(17). Je visite un F3, bien, mais mal situé, et puis, je chercherais maintenant
de préférence un petit studio ou F1 meublé, voir une chambre. Au boulot, ça va
de mieux en mieux. Octobre
(18). J'ai pris, il y a une semaine une bande dessinée dont l'action se passe
autour de la gare de Dijon. Je l'ai pris pour ça. Je vais scanner des pages pour
accrocher au mur de ma future chambre. Je n'ai pas eu encore le temps de la lire,
je le ferai dimanche. Par contre, j'ai lu des albums qui se déroulaient à Lyon. Octobre
(19). J'ai enfin visité l'appartement que j'occuperai si je déménage. Je crois
même, que je vais déménager, quitte à que ce soit pour deux ou trois mois. C'est
un F3, vide, tout le contraire de ce que je voulais en début de semaine. Comme
quoi, je suis imprévisible. La vue est bien, les vues, vu qu'il y en a deux. Octobre
(20). C'est de plus en plus clair dans ma tête. Lundi j'appelle pour dire
que je prends l'appartement que j'ai vu hier. Pierrette m'a appelé pour savoir
si j'allais à sa crémaillère. Je suis trop fatigué, il faut que je voie des personnes
pour mon avenir professionnel, il faut que je commence à faire mes cartons. Par
contre, j'ai plusieurs jours de libre pour la Toussaint. J'irai chez elle deux
ou trois jours, comme ça, j'aurais le temps de voir à Lyon Steffy, Pierrot, et
peut-être Pierre G, qui est venu jouer cet été au festival. Je suis vraiment
fatigué. Je finis la semaine sur les rotules. Octobre
(21). Je rentre bien fatigué de la bibliothèque. J'ai trouvé une nouvelle
citation. Je passe voir Elodie, mais je commence à sentir depuis la fin de l'après-midi
un mal de gorge qui doit annoncer une petite crève. Elodie me présente demain
à une de ces copines africaines. Gros m'a appelé alors que je revenais de chez
Elodie. Nous sommes allés boire un verre dans un café, j'y ai vu une autre copine
d'Elodie, celle-ci travaille avec elle. Elle avait l'air de s'ennuyer ferme. J'ai
surtout appelé Steffy, lui dire que je n'étais pas à Lyon ce week-end. Octobre
(22). La copine d'Elodie est sympa. Je les ai emmené à Dun, puis Elodie a
payé son coup dans à la terrasse d'un café. Je commence à me sentir malade. Octobre
(23). Je suis malade comme Nando et Elodie. J'ai appelé le notaire qui m'a
fait visiter le F3 pour dire que c'est OK. Je signe lundi prochain. J'emménage
avant la Toussaint. J'ai un virus dans le corps et peut-être un dans mon ordinateur,
à cause d'un mail de Sébastien. Ca craint plus que ma santé. Je l'appellerai demain. Octobre
(24). La journée fut dure physiquement en raison de mon état. A peine arrivé
à la maison, j'ai regardé le foot, comme je le ferai demain et le jour d'après.
Je n'ai pas encore eu le temps de classer toutes lettres que j'ai relu pour établir
mes journaux. Octobre
(26). Mon état s'améliore. J'ai toujours autant de travail. Je dois maintenant
penser à mon déménagement, à ce que je vais emmener, acheter. J'ai reçu une commande
de disques que j'ai passé. Octobre
(28). Je finis la semaine un peu moins sur les rotules que les précédentes.
Cela doit être dû aux médicaments. Le soir, je rigole bien, avec Pol, Éric et
les autres Octobre
(30). Je fais l'état des lieux de mon nouvel appartement. Je commencerai à
déménager mes affaires jeudi et vendredi. Je dois contacter Gros pour les grosses
affaires. Ma grand-mère paternelle est décédée. Cette fois, je nai plus
de grands-parents. Octobre
(31). Je visualise de plus en plus mon appartement. L'emplacement futur du
mobilier, ce que je dois apporter. Le concept sera la fonctionnalité. Quand je
serais installé, je ferais surtout des arts plastiques. J'aurais une pièce spécialement
pour cela. Je compte en faire un atelier souvenir : table d'écolier, fresque et
reste du local. J'ai rencontré la future tête de liste pour les municipales de
l'an prochain. Il m'invite à une réunion secrète jeudi prochain. Excitant, impression
d'aller à une réunion de secte. Novembre
(1er). J'ai trié des affaires. J'ai enfin regardé Celebrity de Woody
Allen. Je pensais le conserver mais les films de Woody Allen sans Woody Allen,
ce n'est pas pareil. Novembre
(2). Lucien qui est au bled depuis mardi, m'aide à emmener des affaires dans
mon nouvel appartement. C'est vite fait, bien fait. Il trouve mon appartement
bien. Demain, on viendra me mettre le gaz. Tout est réglé pour le reste. J'ai
tout ce qu'il me faut. Je téléphone à Pierrette, puis à Steffy. Pour leur dire
que je viendrais probablement le week-end du 11 novembre à Lyon, pour les voir,
séparément. Steffy me dit un peu pourquoi elle ne traîne plus avec Pierrette.
Steffy me dit qu'elle ira à Roanne samedi soir. Novembre
(3). J'emmène encore des affaires, dont un meuble de télévision. Il manque
la télévision. Je me mets au nettoyage de l'appartement. Mais il n'y a pas encore
d'eau chaude. Quatre ans jour pour jour avec mon second emménagement avec Stef.
Je retrouve les mêmes sensations, sauf que je suis seul, c'est, ce sera, le plus
dur à vivre. Je retrouve cette même odeur de clope dans la poubelle. Novembre
(4). La reprise du boulot à été dure psychologiquement, bien qu'elle se soit
fait en douceur, au niveau du rythme. J'ai fait mon premier repas dans mon nouvel
appartement. J'ai téléphoné à Elodie mais elle n'était pas chez elle. Pour le
week-end prochain peut-être. Je suis allé à la boite, pour la première fois depuis
le mois de mars environ. Novembre
(5). Il fait beau, aussi, avec Pol, nous allons dans deux cafés. Je vois le
Gros. Il devrait m'aider à déménager les grosses affaires le week-end prochain.
Samedi. Je dois téléphoner à Steffy et Pierrette pour leur dire que je ne pourrais
pas aller à Lyon. Pas le temps à cause du déménagement. Ma situation m'angoisse,
me stresse. Je déménage, mais j'ai peut-être la possibilité de travaillé au bled.
La semaine qui arrive va être très importante. Jeudi, je dois assister à une réunion
avec les membres de la liste. Je dois aussi voir les patrons de la boite d'informatique
qui vient de se créer au bled, pour savoir comment faire pour travailler avec
eux, et surtout étudier mon besoin de formation. Il faut que je finisse des déménager,
que le chauffagiste passe pour faire marcher la chaudière. Et j'ai encore quelques
formalités à régler, des renseignements à prendre sur les formations et sur les
conditions pour être éligible sur une liste électorale pour les municipales. Bref,
j'y verrai beaucoup plus clair sur tous les points, en fin de semaine. Enfin j'espère.
Histoire d'avoir un peu l'esprit libre. Novembre
(6). J'ai commencé la journée par deux coups de fils avant d'aller au taf.
Un pour le plombier qui doit venir pour la chaudière : il n'a pas pu venir entre
midi et deux et je dois le rappeler demain matin, ça craint, je n'ai pas d'eau
chaude, je ne peux donc pas encore vivre dans mon nouvel appartement. Le second
appel pour avoir un entretien demain à 18 heures avec la personne qui a monté
un boite d'informatique. Au boulot, j'étais tout seul, toute la journée, la
bibliothèque étant fermée le lundi. J'ai fait mes premières formations en informatique.
Quatre personnes. La première personne que j'ai formée ce matin m'a dit qu'elle
souhaite faire un site sur un musée. Il y a vraiment une mine d'or pour ce qui
est de la création de site. C'est le bon filon. En plus, les télécoms m'ont appelé
pour savoir si j'étais intéressé par une formation sur la création de site ! J'ai
enfin écris à Stef, à Silvia. Je n'ai pas téléphoné hier à Steffy, Pierrette,
Elodie. Mais j'ai écris ce soir à Steffy. Je laisserai demain un message à Pierrette
et je contacterai Elodie jeudi, avant d'aller à ma réunion préélectorale. Novembre
(7). Grosse journée. Je vois le type de la boite informatique. Je crois qu'il
m'a pris un peu de haut. Aussi, il n'a pas l'air de croire au développement économique
et touristique du canton. En résumé, il semble surtout intéressé par lui-même.
Je suis un peu déçu. Pour ne pas rester sur une telle déception, je vais voir
la tête de liste, pour lui confirmer que je viendrais jeudi soir à la réunion.
J'ai revu ma bouquiniste ce matin, avant d'aller au boulot. J'ai acheté Carton
jaune car Lucien m'avait dit samedi soir qu'il y était en vitrine. C'est mon
second livre de Nick Hornby. J'enregistre pour le conserver, La vie est un
long fleuve tranquille. En me couchant, j'ai une idée une nouvelle. Novembre
(8). Je n'ai toujours pas téléphoné à Pierrette. Ni à Elodie. J'ai une nouvelle
idée de nouvelle. Novembre
(9). La réunion politique s'est bien passée. J'ai appris plein de choses importantes,
intéressantes. J'ai eu Pierrette au téléphone. Elle voulait savoir si je venais
à Lyon ce week-end. J'aurais pu lui dire plutôt. Je l'ai rappelé après ma réunion.
Nous avons échangé des nouvelles, surtout moi. Je lui promets de venir pour le
week-end du 2 décembre. J'enregistre mon deuxième film de la semaine pour ma médiathèque
: J'embrasse pas. Novembre
(11). Je fais deux allers-retours dont un avec Gros pour la suite et la fin
de mon déménagement. Ce 11 novembre ne ressemble pas aux autres, pas seulement
parce qu'il fait beau. J'emmène mes deux tables d'écoliers dans mon nouvel appartement.
Il me manque un clic clac que j'achèterais quand j'aurais le temps, et un réchaud
à gaz. J'ai aussi des bricoles que j'apporterais au fur et à mesure. Je suis
sortie avec Elodie ce soir. Elle veut me voir ce soir, pour prendre des nouvelles,
discuter. Je passe la prendre. Nous sommes tombés sur Oliver et Nat et sommes
allés dans au café de France. Puis j'ai eu des coups de fils de Gros et Fati,
puis Pol, qui nous ont rejoints. Il y avait une superbe paire de lèvres dans ce
café, à une table de moi. Je n'ai vu que ça, pensé qu'à ça en rentrant. Elodie
la connaît mais elle ne sait pas son nom, elles étaient dans le même établissement
scolaire. Mais je n'oublierais pas son visage. Je vais prendre racine dans ce
café. Je connais l'une des trois filles qui étaient à sa table. Quatre filles
solitaires. Novembre
(12). Je note dans ma médiathèque mes deux derniers films que j'ai enregistrés,
La vie est un long fleuve tranquille et J'embrasse pas. Je crois,
en fait, que de conserver des films que j'ai déjà vu plusieurs fois et que j'ai
aimais, m'évite de les revoir à chaque fois qu'il repasse à la télévision. C'est
une bonne chose, un gain de temps. Je devrais faire pareil avec La Grande vadrouille,
les films avec Coluche, Denner, de Funès
Je voulais faire un tour au
stade, la première fois de la saison, malgré le grand vent. Finalement, Pol
est passé pour faire un tour au café de France, je ne suis pas allé au stade,
je ne sais pas s'ils ont gagné. J'ai aperçu l'instit et son copain. Je n'ai pas
vu la fille aux lèvres d'or. Nous sommes allés un couple de potes. J'ai lancé
l'idée de faire une soirée gâteau au chocolat pour les vacances de Noël. Je pense
beaucoup aux lèvres. Novembre
(13). Je passe ma journée à préparer de nouvelles affaires à emmener pour
demain, et mon départ pour quatre nuits dans ma nouvelle ville, ma ville temporaire.
Je vois Elodie à son boulot, en faisant les courses. Elle me raconte ses derniers
faits d'armes sentimentaux. Novembre
(14). Je trouve un titre pour l'une de mes nouvelles. En me baladant prés
du château, je vois "la blanche", la fille la plus pure de LC. J'en
ai encore une pleine voiture remplie d'affaires diverses. J'arrive à avoir le
temps de la vider avant d'aller au boulot. Je consulte mon courrier électronique.
J'ai pas mal de messages. Je suis trop souvent atteint du syndrome de Stockholm
en ce moment. J'ai commencé, sinon, à aménager mon appartement : la chambre et
la moitié de la cuisine. Je pense revenir au bled jeudi car la glace que j'ai
amené ne va pas. Je me sens seul, mais ce sera bon quand je me serais remis aux
arts plastiques, quand j'aurais besoin de calme, de solitude. Première nuit
dans mon appartement. Première nuit dans cette cité depuis dix ans et une nuit
de folie
Je n'ai qu'un coussin et j'ai beaucoup de mal à dormir sans en
avoir deux. Depuis un an, je dors la tête entre deux coussins. Novembre
(15). Ce matin, alors que je déjeunais, un artisan est passé pour prendre
mes persiennes, comme convenu suite au rendez-vous pris par téléphone, qui faisait
suite à une note d'information affichée vers les boîtes aux lettres. Je me rends
compte, quand il me dit qu'il en a pour quatre jours pour les repeindre, que je
ne pourrai pas les ravoir avant mardi, donc, je ne pourrai pas dormir avant cette
date dans mon appartement. En effet, il ne me faut aucun bruit et pas de lumière
pour que je puisse dormir normalement. Je rentrerai dès ce soir au bled, je ferai
encore l'aller-retour jusqu'à samedi. J'ai presque fini la cuisine. Il me reste
encore beaucoup de petites choses à apporter pour que la fonctionnalité des lieux
soit totale. Novembre
(16). J'ai pu goûter le Beaujolais Nouveau® et le Côte du Rhône Primeur™
en rentrant du boulot, faisant une halte au café du coin. Avant, j'ai donné une
liste de noms féminins pour les élections municipales. Ma future liste recherche
en effet, pour cause de parité, des femmes. Pour en revenir aux vins, ils sont
comme d'habitude. Une ambiance de fête devait régner hier dans le Rhône. Ici,
ce n'est pas pareil, chacun boit dans son coin, la semaine de travail finit demain
pour la plupart. Deux nuits de suite que je dors comme un bébé. De quoi cela peut-il
bien venir ? Pas du lit puisque je n'ai pas passé ces deux nuits au même endroit.
J'espère revivre une nuit comme celles-là. Dès ce soir. Novembre
(17). J'ai encore bien dormi. Bonne journée de boulot, dans une bonne ambiance.
Bonne semaine, en général. Je crois que ça va aller pour la suite. Je n'ai pas
trop le temps de poursuivre mes activités intellectuelles si ce n'est celle de
continuer ce journal pour encore un mois et demi. J'ai en revanche une tonne de
choses à lire ! J'exagère à peine. Plus qu'une journée de travail. Nando vient
de m'appeler, il rentre finalement ce week-end. Il doit me passer des disques. Novembre
(18). Je vois Nando chez Éric en rentrant du taf, vers 18h45. Et puis nous
allons boire l'apéro jusqu'à 20h45 pour ma part. Beaujolais. Nando me passe comme
prévu l'album d'Air qu'il a acheté. Je retourne chez moi pour manger, à peine
ai-je fini que Gros me téléphone pour aller boire un coup dans un autre café.
Avant de le rejoindre, je téléphone à Pierrette qui finalement ne vient pas ce
week-end mais le prochain. Elle a finit de lire Le journal de Laura Palmer
et me demande mon avis sur la personne qui a tué Laura. Nos avis diverge, nous
devons relire une deuxième fois ce fameux livre. Idem pour le film. Je retrouve
Nando et Éric vers 23h00 pour finir la soirée chez ce dernier, avec la bouteille
de Beaujolais du Gros. Je trouve la force en rentrant vers 2h du mat' de visionner
le résumé des matches de foot. Gueugnon a encore gagné, c'est le principal résultat
pour moi. Novembre
(19). Elodie descend au bled avec son nouveau copain. Je les retrouve avec
Pol à 15h30. Son copain est fascinant. Il me fait penser à Nando. Il faut réunir
les deux, ils auront des discussions intéressantes, ils ont beaucoup de points
communs. Elodie me présente aussi à son portable. C'est le même modèle que moi,
mais nous avons un fournisseur diffèrent. Je lui fais une petite formation, présentation
de l'appareil. Son copain connaît du monde dans le milieu artistique parisien.
Intéressant dans l'optique de projets cinématographiques et musicaux. Je peux
garder espoir. Il y a longtemps que je n'avais pas rencontré quelqu'un d'aussi
intéressant. Oui mais dans tout ça, je n'ai pas revu la fille de la semaine dernière
aux grosses lèvres. Novembre
(20). Je profite du fait que je suis au bled pour flâner sur mon territoire,
autour de ma base, de mon quartier général. J'ai un peu le spleen quand je vois
ses couleurs de l'automne, la plus belle saison. J'ai trop de projets : arts plastiques,
courts-métrages, chansons, poésies, recueils, nouvelles, romans. Il n'y a que
ce journal qui ne me pose pas de problème d'organisation. Je pense sans arrêt
à des actes manqués. Je pense au lycée, à Dijon. Steffy ne m'a pas rappelé. Elle
n'a finalement pas changé depuis que j'ai coupé les ponts. Pierrette vient samedi,
ça me fera du bien. J'essaye d'organiser mes activités intellectuelles, littéraires
et artistiques. Dans mon nouvel appartement, je dois commencer par refaire un
puzzle de 1000 pièces d'un paysage de montagne, pour me servir de fenêtre d'inspiration.
Puis, je commencerai des essais de collage, j'enchaînerai sur du dessin et de
la peinture. Je dois interférer cela avec des séances d'écriture : reprendre les
dizaines de moutures de chansons, qui pour certaines, finiront comme poème dans
un recueil. J'ai les scénarii des cours métrages à rédiger. J'ai juste noté l'idée
de la vidéo. Peut-être que le copain d'Elodie pourra m'aiguiller vers des contacts
sérieux, vu qu'il connaît du monde dans le milieu. J'ai fait la liste de mes nouvelles.
Je dois les écrire une par une, en fusionner certaines qui ont un lien commun.
Il faut que je fasse tout ça pour me soulager, pour me vider le cerveau plein
d'idée. Qu'est-ce que je serai heureux quand j'aurai atteint ce but ! Je dois
moins lire de documentaire, de journaux, ça me prend trop de temps. Je n'ai même
plus le temps de lire des romans ou nouvelles, ce qui serait plus judicieux. Novembre
(21). J'ai rêvé la nuit dernière de deux femmes qui m'aimaient en même temps.
Est-ce parce qu'hier soir j'ai pensé fortement à deux femmes ? Je suis tombé
par hasard sur la toile, sur le site de quelqu'un qui fait partie de ma famille,
par alliance. Impressionnant. L'artisan qui devait me ramener mes persiennes a
du retard. Je ne les aurais que jeudi. Je prends du retard dans mon aménagement.
Il faut que je fasse encore des aller-retour quotidiens jusqu'à vendredi. Enfin,
j'ai repris la lecture de American prayer. Novembre
(22). Encore un rêve d'amour, je crois que c'était Steffy. Je ne sais déjà
plus. Je dors vraiment bien depuis une semaine. Il me faut bien mes 6h30 de sommeil
par nuit. En parlant de Steffy, elle ne m'a plus contacté. Stéf non plus d'ailleurs.
Je fais bien la différence entre elles et Elodie et Pierrette, pas exemple. Novembre
(23). En revenant du boulot, je me suis arrêté près de mon ancien lycée pour
acheter des cigarettes. J'ai eu un spleen au revoyant cet environnement un début
de soirée de fin novembre. Nostalgie d'un temps révolu, de belles années, des
tas de copains et copines, d'une absence de pression. La belle vie. Laurent
me téléphone pour que je lui donne un "coup de main" pour une soirée
qu'il a demain un peu avant Lyon. Seulement, comme je travaille le lendemain et
que cela se passe à plus de 100 kilomètres
Novembre
(24). Alors que je m'apprête à passer ma seconde nuit dans mon appartement,
je retrouve mes réflexes dijonnais : éviter les gaspillages d'énergie, éteindre
la cuisine quand je suis en train de regarder la télévision, la rallumer quand
je vais surveiller la cuisson des pâtes. J'ai enfin quatre de mes huit persiennes,
celles de ma chambre et celles de mon atelier. Elles ne sont plus marrons mais
d'un vert bleu. Ce qui change tout, la tendance de mon appartement. Je les préfère
comme ça. Ca valait le coup d'attendre. Suite des bonnes nouvelles, j'ai découvert
dans le quotidien local, le nouvel aspect du stade de Gueugnon : un stade à l'anglaise
comme je l'avais prescrit au service communication du club, photos et sites internet
à l'appui. Est-ce que j'ai pu avoir une influence ou est-ce que d'autre pense
comme moi ? Je suis vraiment de bonne humeur. Je n'ai pu avoir Nori au téléphone,
pour qu'il vienne manger chez moi. Mais j'ai eu Pierrette et une ancienne collègue
des jardins. Finalement, je profite que je ne reçois personne ce soir pour monter
les étagères de ma bibliothèque, y mettre des livres et revues à lire, vidant
ainsi une caisse. Je monte aussi une table de travail dans mon atelier. Je vois
un peu dans ma tête son futur aspect. Je crois que ma cuisine est presque finie.
J'ai mis un tapis sous mon matelas dans ma chambre. Mon salon devient plus humanisé
avec cette petite bibliothèque. Novembre
(25). Je mange en vitesse à midi, juste le temps de passer un coup de balai.
Je quitte cet appartement qui a bien changé en quelques jours. Je me fixe la date
du 1er décembre pour finir les grandes lignes de son aménagement, et
vider les cartons. Je retrouve Pierrette au café, le soir. On finit à l'aire
de loisir. Elle a encore eu la main lourde. Je n'ai pas téléphoné à Elodie ni
à son copain. Je le ferai dans les prochains jours pour qu'il puisse rencontrer
Nando. Novembre (26).
Repas de famille. Je récupère des meubles blancs pour mes vêtements dans mon nouvel
appartement. Je les mettrai dans mon immense salle de bain. Demain, j'amène une
chose supplémentaire, une table de chevet et une lampe, un sac de grand-mère pour
faire les courses. La semaine a était plutôt bonne. Novembre
(27). Je débute le puzzle Vers le Dru, que j'avais fait, il y a quelques
années. J'y passe plusieurs heures après avoir mangé, me contentant de trouver
les pièces qui sont aux quatre angles et tout autour. J'ai la hantise d'avoir
égaré une pièce, heureusement j'ai trouvé les quatre angles. J'ai téléphoné à
Nori pour lui dire de venir manger mercredi soir. Novembre
(30). Quand je suis dans mon appartement, je passe presque tout mon temps
libre à poursuivre ce puzzle. Tant qu'il ne sera pas achevé, je ne ferais pas
de collage ou d'écriture. Il sera ma première décoration murale. D'ailleurs, je
dois me renseigner sur la façon de le figer au mur. Décembre
(1er). Le week-end commence aujourd'hui à 19 heures.
Je rentre au bled. Mes deux nuits ici se sont encore hyper bien passées. Je lis
les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec et je suis devenu accro
à cette histoire alors qu'au début, je m'y intéressais seulement par curiosité.
En attendant que le volume 4 revienne à la bibliothèque, je vais lire Corto Maltese,
rien que les titres sont fantastiques : La balade de la mer salée, Fable de
Venise. La semaine de travail c'est très bien passée, dans une ambiance de
plus en plus joyeuse, ce qui me rappelle toutes proportions gardées, les jardins.
Nando ne rentre que le week-end prochain, ce qui me laisse un week-end assez libre
pour aller à droite ou à gauche. Je vais encore emmener des affaires demain à
mon appartement avec Pol. Des chaises, un petit meuble et divers accessoires. Décembre
(2). Pol m'a donc aidé à emmener des affaires à l'appartement. Il trouve que
mon antre est bien. C'est vrai que ça commence à avoir de la gueule. J'ai commandé
Le travail intellectuel de Jean Guitton et L'île aux trente cercueils
de Maurice Leblanc. Je les aurais la semaine prochaine s'ils sont toujours disponibles.
J'espère que c'est le cas, car pour Jean Guitton, ce sera très dur de le trouver
en occasion. Comme j'ai acheté pas mal de bière au supermarché, sur la route
du retour, j'ai passé des coups de fils à Laurent et Elodie pour venir chez Éric
ce soir, histoire de faire des rencontres. J'ai toujours aimé se faire rencontrer
des gens. Et la soirée fut à la hauteur de mes espérances. Mais je suis toujours
célibataire. Pas étonnant puisque je me donne trop à mes projets personnels. Si
je souris un peu plus aux femmes et se je prends le temps de les rencontrer, il
n'y a pas de raison pour que je reste seul. J'ai conscience de ma spécificité.
Les semaines passent et rien ne vient. Je dois aussi savoir parler de ce que je
fais : écriture, peinture
Je ne sais toujours pas me mettre en valeur. Pour
en revenir à la soirée, nous avons commencé à évoquer le réveillon. Décembre
(3). J'ai fait cette nuit un rêve dans lequel il neigeait, et dans lequel
je regardais pour la première fois La neuvième porte. Je trouvais ce film
pas terrible alors que dans la réalité, je serai sûrement enthousiasmé. Il passe
ce mois à la télévision. J'ai eu deux fois Nando au téléphone pour diverses questions
d'échange de films ou disques. Notamment Air. Avec Pol, j'ai commencé à réfléchir
au réveillon. Nous en parlerons avec les autres le week-end prochain. Enfin, je
suis allé au stade pour la première fois de la saison, emploi du temps oblige. Décembre
(4). Encore une journée pleine. Je ne ferais sans doute pas tout ce que j'ai
à faire. J'ai vu Laurent qui bosse depuis vendredi à mon ancien collège. Il est
passé chez moi, je lui ai montré mes problèmes de fabrication de carte de visite.
Je me suis pris la tête tout seul pour ces cartes. Il faut que j'en refasse car
il ne m'en reste plus qu'une. Nous sommes allés boire des galopins au Central.
Nous avons évoqué des projets de travail en commun : faire une bande dessinée
dans le style de Mordillo. J'ai croisé dans la rue une femme brune qui m'a dit
bonjour comme si elle me connaissait. Après réflexion, je crois l'avoir déjà vu
il y a peu. Elle doit être une parente éloignée, enfin je crois, je ne suis pas
sûr du tout. Déjà un soir, une autre femme brune m'avait dit bonjour dans la rue
sans que je la reconnaisse. Décembre
(5). En faisant un tour comme presque tous les mardis au marché, je revois
un ancien collègue de catéchisme. Il travail à Paris dans le secteur de la toile.
J'emmène un tapis, rouge, dans mon appartement. Maintenant, je me sens vraiment
bien dans mon logement. Il est confortable. Décembre
(7). Je suis rentré mardi et aujourd'hui à la maison pour suivre des matches
de football à la télé. Aussi, il fallait que je fasse des enregistrements, entre
le match de hockey et une soirée de quatre heures sur John Lennon. Dans une semaine,
il faudra encore que je rentre pour ma seconde réunion de ma liste pour les élections
électorales. Je regarde le début de la soirée John Lennon, un documentaire émouvant
qui commence au pied de l'hôtel de Manhattan où a lieu le meurtre. Décembre
(8). 20 ans déjà ! A part dans les journaux télévisés, pas d'images pour l'anniversaire
de la mort de John Lennon. Gros passe me voir avec sa copine dans mon appartement.
Petit revival du local. Décembre
(9). J'ai encore rêvé. De neige et de sexe. Beaucoup de choses à faire, à
peine rentré à la maison. Je vais d'abord voir à la librairie si les livres que
j'ai commandés sont arrivés : un sur deux seulement. L'île aux trente cercueils
de Maurice Leblanc, mais pas Le travail intellectuel de Jean Guitton. Il
est épuisé. Je ne vois pas comment, sinon par chance, je pourrai me le procurer.
Il a fallu aussi que je fasse un saut au stand du jumelage, comme tous les ans
depuis trois ans, à l'occasion du marché de Noël. Je suis le dernier acheteur
du millénaire. Ils remballaient. Elodie n'a pu venir avec Christophe pour
que je le présente à Nando. Nous avons bien rigolé, comme au bon vieux temps.
Mais je pensais intérieurement que le temps commençait à presser pour que je dois
me bouger. Je crois que je ne peux compter que sur moi. Décembre
(10). Je n'ai toujours pas revu la fille aux superbes lèvres. Comment aurais-je
pu la voir en allant ni dans un bar, ni dans un bal, ni dans une boite hier soir.
Était-elle simplement de passage il y a quelques semaines, quand je l'ai vu avec
des copines au café de France, alors que j'étais avec Elodie. Je dois rompre cette
routine qui commence le vendredi soir et fini le lundi matin. Je le dis fermement
à Pol. La semaine prochaine, je sors peut-être vendredi soir au thé dansant qui
se situe à 300 mètres de chez moi, si Laurent peut venir, et malgré le fait que
je travaille le lendemain. Samedi soir, toujours avec Laurent, soit nous allons
en boite, soit nous allons au bal, soit au thé dansant. Nous n'avons pas trop
parlé du réveillon hier soir. Au moins manger un peu avant de boire. Si nous pouvions
tous nous retrouver ! Je téléphone à Laurent pour se rencarder demain comme la
semaine dernière. Décembre
(11). Encore beaucoup de chose à faire. Je suis monté à Dun. L'angoisse de
la feuille blanche, même là-haut. Décembre
(12). J'ai fini le puzzle commencé il y a quelques semaines. Je ferai le collage
vendredi. J'ai vu l'affiche du cinéma, on passe demain à 20h30, Virgin Suicides,
avec la fameuse musique de Air. Enfin, je trouve sur la toile, le bouquin de Jean
Guitton que j'avais commandé à la librairie du bled. Décembre
(13). Finalement, ce n'est pas ce soir que passe Virgin Suicides. L'affiche
du programme de la semaine du cinoche est très mal faite. Il passe demain soir
mais je dois rentrer au bled pour cause de réunion politique. Il passe aussi vendredi
mais à 22h30. je crois que je vais attendre que ce film passe au bled ou à la
télévision cryptée. Dans mon appartement, je fais un peu de rangement et d'aménagement.
Je déroule enfin la fresque du local en écoutant Arman à la radio. Au même instant,
je reçois un mystérieux message sur mon cellulaire. Sûrement une erreur, hélas,
car il s'agissait d'une personne à qui je manque terriblement. Décembre
(14). La réunion s'est bien passée. Je n'ai pas eu de coup de téléphone suite
au message mystérieux d'hier soir. Demain peut-être. Décembre
(15). Je suis allé chercher les bouquins d'informatique que j'avais commandés
dans une librairie voisine. Je prendrais ceux qui portent sur la création de pages
personnelles. J'ai lu sur ce sujet le supplément du mercredi du Monde.
Je commence à mettre sur papier quelques éléments pertinents. Une nouvelle pensée
de trouvée. Il y a longtemps que cela ne m'était plus arrivé. J'ai téléphoné à
Laurent pour savoir ce que l'on faisait demain soir. Nous irons boire un coup
à Roanne. Décembre
(16). Encore un rêve sexuel, encore troublant. En tous cas ça marchait bien
pour moi, dans le rêve. Je crois savoir à qui j'ai rêvé, quoique. Thierry m'a
appelé pour savoir ce que je faisais pour le jour de l'An. Évidemment, il dit
qu'il y aura plein de monde, des filles, que Sandrine viendra sans son mec, qu'ils
sont fâchés. Je suis sceptique. Je n'ai pas ouvert mon courrier reçu à la maison.
Je le lirais jeudi soir. J'ai une lettre de Londres, sans doute les vux
des Anderson. Décembre
(17). Hier soir, à Roanne, je me suis posé certaines questions existentielles
sur les femmes et moi. Nous sommes allés dans un bar à pétasses et merdeux, tout
ce que je déteste ! Des fois, je ne comprends pas Laurent. Le temps qu'il réagisse,
qu'il fallait quitter ce mauvais territoire, il était déjà minuit et demi. Trop
tard pour aller au thé dansant, objectif de la soirée. Nous avons fait un dancing.
Marrant ! N'empêche que la pêche n'a pas été bonne. Je suis passé voir Christophe
chez lui, puis nous nous sommes allés au Central après qu'il eut cherché Elodie.
Puis, Pol, Éric F, et Oliver nous ont successivement rejoints. Beaucoup de
chose à faire avant de se coucher. Je dois continuer la lecture des aventures
de Corto Maltese, La balade de la mer salée que j'ai commencé jeudi. Je
suis envoûté par ce personnage et son environnement, comme je le suis pour Les
Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec. Dernière semaine de travail
avant les vacances, quatre jours en fait. Mais beaucoup de boulot. Elle passera
très vite comme les autres. Je rentrerai peut-être mercredi soir à la maison pour
un match de football télévisé. Décembre
(18). L'après-midi, seul dans la bibliothèque, je ressens un coup de cafard,
dans ce grand vaisseau vide. Le moindre bruit me surprend. Le soir, je commence
ma déco intérieure de mon appartement à base d'élément du squat et de bar. Je
tergiverse, je prends mon temps, ma tête. Je finis la lecture de La balade
de la mer salée, enchaîné de l'épisode 7 des Aventures extraordinaires
d'Adèle Blanc-Sec. Je tombe presque de sommeil. Décembre
(19). Depuis deux semaines, et même plus, le temps passe très vite au boulot.
J'ai tellement de choses à faire que je n'en vois pas le bout du tunnel. A l'appartement,
je poursuis ma déco. Je téléphone à Thierry pour lui dire s'il veut venir vendredi
soir avec d'autres chez moi pour finir la soirée dans la boite qui se situe près
de mon logement. Je téléphone aussi au Gros pour que je passe lui filer la clé
de ma boite aux lettres, qu'il puisse prendre mon courrier pendant mon absence.
Je passe le voir de suite. Je n'étais pas allé dans son appartement depuis des
mois, un an, lors d'une mémorable fête avec Oliver où s'étaient joins à nous des
collègues du lycée. Je découvre son nouvel ordinateur. Enfin, je téléphone à Pierrette.
Je lui parle de la proposition de Thierry pour le réveillon. Décembre
(22). J'ai eu du mal à croire, en me levant ce matin, que j'étais en vacances.
Elle n'a pas encore rappelé. Je me fais couper les cheveux, mais moins courts
qu'à l'accoutume. Je n'avais pas touché à ma toison depuis que Pierrette s'y colle,
lors de cet été et de ses vacances. Décembre
(23). Je téléphone à Pierrette qui me dit qu'elle ne veut pas aller au réveillon
de Thierry. J'annonce cela à Thierry. Il est déçu. Plus tard, J.C. m'appelle pour
insister, mais ce n'est pas la peine. Je crois que je vais revenir sur ma décision
concernant une place de correspondant local. Je crois que je dois tenter ma chance
dans le quotidien local, dans cette autre agence... Décembre
(24). Ma cousine Domi m'a donné un agenda comme celui de l'an dernier, pour
mes rendez-vous personnels et toutes les choses à faire. J'en ai donc trois :
celui-là, celui du boulot pour noter les personnes qui viennent à mes cours et
les tâches professionnelles, enfin un agenda scolaire où je note mon journal.
J'ai téléphoné hier à Steffy en pensant aller le soir à l'anniversaire de la boite,
pour savoir si elle venait aussi. Elle ne venait pas et finalement moi non plus,
la soirée entre potes ayant bloqué jusqu'à 3 heures du matin. Je devais passer
à Roanne pour sortir avec elle dans un bar ce soir, mais je lui ai laissé un message
comme quoi je n'étais pas en pleine forme pour me taper 50 bornes. Je la verrai
peut-être la semaine prochaine. J'écris deux nouveaux poèmes, autour d'histoires
de châteaux. Encore une soirée entre amis. Je rentre à deux heures de matin.
Je finis de regarder un documentaire sur Venise. Je repense à N. Inévitablement.
Et puis, je me dis que je pourrai écrire en une nuit 500 poèmes comme ceux que
j'ai posés tout à l'heure. En reprenant mes journaux, je devrais pouvoir en faire
des dizaines. Décembre
(25). Jour de Noël mais j'essaye d'en faire un lundi comme les autres. Je
le consacre à mes projets personnels, même si je musarde pas mal sur mon ordinateur
à des futilités. C'est Noël. J'ai téléphoné à Pierrette pour lui dire que je ne
venais pas à Lyon avec elle. Décembre
(26). J'ai reçu ce matin Le travail intellectuel. J'ai fait un tour
a marché où j'ai revu plein de monde enfoui dans un passé plus ou moins récent.
J'ai pris un café avec Éric F au Central. Cet après-midi, j'ai plusieurs envois
urgent à poster, je dois faire un peu de rangement dans mes papiers et archives
personnelles. Je dois aussi téléphoner à l'agence locale du quotidien pour dire
que je suis prêt pour être correspondant local. J'ai fait une erreur stratégique
concernant les élections. Elle peut avoir des conséquences. J'avais décidé de
me retirer de ce combat mais on tient visiblement à moi. Par contre, je vais cesser
mes activités pour le festival. Du moins, je ne ferais que des actions de communication,
surtout si je suis pris comme correspondant local. En fait, ce dernier point ne
dépend que de moi. J'ai téléphoné au rédacteur en chef, mais il est en vacances
jusqu'à mardi. Toujours rien de prévu pour le réveillon. Nat ne veut le faire
chez elle. Je n'ai eu que le répondeur de Pierrette pour annoncer la nouvelle.
C'est triste ce manque d'esprit festif. J'ai commandé un dernier disque, Radioactivity
de Kraftwerk. J'ai enregistré Tout le monde dit I love you. Toujours aussi
drôle. Demain, cela fera un an que j'ai écris ma dernière lettre à Hélène.
En retombant sur sa lettre, je me dis que demain, symboliquement, j'écrirai un
texte issu de cette lettre. Pour me remettre dans le bain de l'écriture de texte.
En espérant punir mon mal. Définitivement. Cela me permettra de paraître moins
froid. En fait, je suis endurci par des moments difficiles qui se sont accumulés
entre 1990 et 1999. Depuis, je me suis trop protégé. Ce n'est pas par peur. Dés
mon retour dans mon appartement, je commencerai mes collages. Décembre
(27). J'ai rangé de façon Dewey tous mes livres et documentaires. J'ai trié
et organisé tous les textes que j'ai écrit. 42. J'ai écris Last words to Helen.
J'ai eu un peu de mal à me remettre à l'écriture de texte, mais l'inspiration
est finalement revenue. Avec comme musique d'ambiance, la compilation de notre
émission de radio et Song of faith and devotion. Je suis soulagé. Je me
sens mieux. Fort. Le film de Woody Allen, hier soir m'a requinqué. Je suis prêt
pour des rencontres. J'ai vu Oliver pour lui proposé de faire une virée vendredi
soir dans des bars, avec l'espoir de voir la femme qui vagabonde dans ma tête.
J'ai téléphoné à Pierrette. Pour le réveillon, nous mangerons sûrement tous les
deux chez elle. Hier, elle s'est endormie devant Tout le monde dit I love you.
Avant de me coucher, je regardais Jack le tueur de géants, histoire d'oublier
que je l'avais vu le soir de la tempête de Noël dernier. Chaque fois que je pensais
à cette tempête, je pensais au film, et inversement. Oliver me confirme que
Nat ne veut pas faire le réveillon chez elle. Je téléphone alors à Pierrette pour
le lui dire. Finalement, elle me propose qu'on mange tous les deux chez elle.
Un petit repas de réveillon, histoire de ne pas s'écrouler à 22 heures. Elle me
dit aussi que sa voiture est presque morte, q'elle viendra en train dimanche. Décembre
(28). J'ai encore eu du mal à me lever. Je ne fais plus de rêve depuis que
je suis en vacances. Je me couche plus tard, vers deux ou trois heures au lieu
de minuit et demi ou une heure et demi. Y a-t-il un rapport entre ces données
? J'ai quand même fait une compilation, Une année 1992. Ce soir, je vais
essayer de faire celle de 1991, le reste des années 90, en même temps que du rangement
dans mes cours. Thierry m'a rappelé vers 19 heures pour savoir si rien n'avait
changter, pour que nous venions à la fiestaJ'ai rangé mes cours, du cours primaire
à la Fac. Même le catéchisme. D'ailleurs en voyant des papiers sur la composition
des groupes de cette activité imposée, j'ai eu un petit spleen : que sont-ils
devenus ? Je les ai tous perdu de vue, excepté un ou deux. Ils doivent tous avoir
un bon boulot dans une ville moyenne ou grande, une femme, des enfants peut-être. Décembre
(29). Alors que je finissais mes rangements de documents, j'eus plusieurs
appel. Elodie d'abord pour me demander ce que je faisais pour le réveillon. Puis
son copain Christophe, pour la même raison. Là, je me dis que dois téléphoner
à Pierrette pour lui demander si elle veut qu'ils se joignent à nous en préambule
de la soirée chez Éric F. Enfin, Fab appelait pour insis de Thierry. Je lui dis
que si Pierrette veut venir, elle l'appellera. La neige a commencé à tomber malgré
une température plus que fraîche. Pierrette fut o.k. pour le réveillon chez
elle, avec Elodie et Christophe. Ca se goupille bien. Ce n'était pas le cas il
y a une semaine. Il ne me reste plus qu'à savoir à quelle heure nous nous retrouvons
tous, avant d'aller à la boite, chez Éric F. Pour ça, je vais voir la troupe ce
soir, Nando en tête. Avant de me coucher, il faudrait que je couche dans sa version
définitive, ma première nouvelle pour adulte. Ainsi qu'un scénarii. Avant la fin
du siècle, dans deux jour, je dois faire encore deux compilations, finir le rangement,
envoyer mes vux par mails.é pour le réveillon. Rien n'a changé. Décembre
(30). J'ai planché sur la première nouvelle, Introduction, jusqu'à
4 heures du mat. Une page et demi, pas mal pour un début, qui se voulait de surcroît,
court. Tout va bien puisque c'est o.k. pour la soirée du réveillon. Il n'y a plus
qu'à faire les courses et attendre. J'ai quand même eut un nouveau spleen hier
soir, pendant que je regardais un concert, enregistré à la télé il y a deux mois,
de Radiohead. J'ai trop de choses à faire que je n'en vois pas le bout, et je
ne sais même pas des fois par où commencer. J'ai imprimé mes journaux. Je
les lirais la semaine prochaine pour les premières corrections. Décembre
(31). Voilà. C'est fini. Nous arrivons au terme de ce voyage à travers l'an
2000. Il ne s'est rien passé, le monde tourne toujours. La soirée s'annonce très
bien. Hier, nous avons passé une super soirée, une franche rigolade, chez Éric.
Puis, sur le coup des 1h30 du matin on s'est décidé à aller à la boite. On n'était
pas trop défait. Il n'y avait pas grande monde, un nouveau disc-jockey. La rigolade
a continué. Un entraînement pour ce soir. Je n'ai bu que du vin, chez Éric, et
de la pression à la boite. On a "fait la fermeture", jusqu'à 5h15 pour
moi, laissant encore Nando avec le personnel au bar. Il y a fort longtemps que
je n'avais pas rigolé aussi intensivement. Avec Nando, j'ai philosophé de la boite,
du passé, de la culture. J'ai fini mon rangement. Pierrette vient de m'appeler,
elle passe vers 18h30-19h. Puis repas avec Elodie et Christophe. Je crois que
je vais arrêter là, pour l'instant. Je reprendrais ce journal plus tard, grâce
à mon carnet. Suite Accueil
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